Renverser l’inégalo-scepticisme

Un rapport innovant, Remède à l’inégalo-scepticisme, superpose les données sur les inégalités avec les objectifs de développement durable.

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Après le climato-scepticisme et l’euro-scepticisme, voici l’« inégalo-scepticisme » : soit le refus de prendre réellement la mesure des inégalités. Ce terme figure dans le titre d’un rapport innovant, Remède à l’inégalo-scepticisme, élaboré par 17 acteurs de la société civile qui ont superposé les données sur les inégalités avec les objectifs de développement durable. Parmi eux, aussi bien ATD Quart Monde et la Ligue des droits de l’homme que la Coordination Sud, le label Max Havelaar, ou les associations Les Petits Débrouillards et Notre Affaire à tous. Soit une équipe réunissant les univers du social, des droits de l’homme, de l’éducation, du développement durable et de la justice environnementale.

Les inégalités s’aggravent en France : les pauvres sont plus nombreux et ont moins de pouvoir d’achat, 1 Français sur 5 est en situation de précarité alimentaire, 12 millions en situation de précarité énergétique ; il y a un écart de 13 ans entre l’espérance de vie des plus pauvres et des plus aisés ; les femmes gagnent toujours 9 % de moins que les hommes à travail et statut égaux ; 650 000 Français n’ont pas accès à un service de l’eau potable et à des toilettes ; 850 000 vivent dans des zones exposées à des événements météo extrêmes. Pour inverser la tendance, l’action publique devrait renforcer l’État providence, « en adaptant ses fonctions aux crises écologiques », préconise ce rapport. Mais aussi instaurer une fiscalité sociale et écologique progressive en fonction des revenus et accroître les investissements dans les secteurs prioritaires : éducation, transports, agriculture durable et rénovation énergétique.


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