Urbanisme : Contre les ogres de béton

Face aux projets d’immenses zones commerciales qui artificialisent toujours davantage de terres agricoles et menacent la biodiversité, citoyens et riverains se mobilisent, déposent des recours en justice et élaborent des projets alternatifs.

Vanina Delmas  • 17 juillet 2019 abonné·es
Urbanisme : Contre les ogres de béton
© crédit photo : Sébastien Rabany / Photononstop / AFP

Il y a cinquante ans, des mastodontes de béton sortaient du sol pour s’ancrer dans les habitudes des Français : les centres commerciaux. C’était l’époque des Trente Glorieuses, du boom démographique, de la croissance économique sans limite apparente, de la voiture reine. Celle aussi de la transformation des citoyens en consommateurs avec l’importation des malls états-uniens, symboles de l’American Way of Life. En mars 1969, Englos-Les Géants, un hypermarché Auchan, s’implantait à la périphérie de Lille avec une nouveauté de taille : une galerie marchande ! Quelques mois plus tard étaient inaugurés CAP 3000 à Saint-Laurent-du-Var – ainsi baptisé non en l’honneur de l’an 3000, mais du nombre de places de parking – puis Parly 2, intégré dans une résidence de cinq mille logements luxueux, près de Versailles. L’histoire raconte que les promoteurs, Robert de Balkany et Jean-Louis Solal, ont acheté les 270 hectares de la ferme des sœurs Poupinet en leur promettant la construction d’une église. Ils ont seulement réussi à ériger un temple de la consommation, qui a fait de nombreux petits : Rosny 2, Vélizy 2, Évry 2, la Part-Dieu à Lyon…

Un demi-siècle plus tard, les mentalités et les modes de consommation ont changé, notamment avec les achats en ligne et l’arrivée du drive. Une étude de l’Observatoire société et consommation (ObSoCo) d’octobre 2018 indique que les Français ont réduit leur fréquentation des espaces commerciaux. « La bonne nouvelle, contre-intuitive, est que les commerces des petites villes et des bourgs échappent à cette tendance […]. L’avenir de l’urbanisme commercial s’écrira à travers la fermeture de certains mètres carrés de surfaces commerciales qui n’auront pas su faire leur mue », conclut

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