La force de l’État en démesure

En prévision du contre-G7, l’État avait déployé un arsenal massif. Malgré l’absence d’incidents, des dizaines de militants ont été arrêtés, et la répression fut outrancière.

La résistance n’a pas eu l’âpreté d’un samedi des gilets jaunes. Encore moins l’intensité du contre-G20 organisé à Hambourg en juillet 2017. Le consensus d’actions pacifiques, établi par les organisateurs des plateformes, semble avoir été respecté scrupuleusement, même par les forces les plus radicales du milieu militant. Pour autant, un mot vient à l’esprit comme une évidence au regard des forces déployées et de leur emploi, c’est celui de l’hubris, le péché par démesure. 13 200 policiers et gendarmes mobilisés, presque autant que le nombre de contestataires lors de la manifestation du samedi 24 août. À Hendaye, le centre de rétention administrative (CRA), réaménagé pour pouvoir accueillir 300 personnes en garde à vue simultanément, n’a pas non plus rencontré son public.

La démesure se lisait aussi sur les façades d’Hendaye, où les commerces et les banques barricadés derrière des panneaux en bois n’ont pas non plus essuyé la tempête attendue. À part quelques tags, ici et là, les dégradations furent rares. Le Collectif Auto Média étudiant, site d’information indépendant toulousain, relève un peu railleur la « seule victime de l’anticapitalisme », un distributeur de billets dégradé. L’ennui guettait les forces de l’ordre. Attendre, toujours attendre, et toujours rien. Alors, au moindre « débordement », la réponse devient disproportionnée.

Dès mercredi, la police arrête trois étudiants allemands en voiture. Sur eux, un marteau brise-vitre, des cagoules, un spray de lacrymo et de la documentation militante. Surtout, un signalement pour appartenance à la mouvance d’« ultra gauche ». Pas besoin de plus. Les trois jeunes hommes, âgés de 18 à 22 ans, aux casiers vierges ont été condamnés à 2 ou 3 mois de prison ferme pour participation à un groupement en vue de participer à des violences. Sans avoir commis le moindre délit. Les juges non plus n’ont pas souhaité prendre le moindre risque, le mandat de dépôt a suivi, tous ont été directement placés en détention.

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