Municipales : Un Parti socialiste tout en ambiguïtés

Après un rapprochement à gauche pour les européennes, les municipales de mars 2020 donnent lieu à un surprenant rétropédalage.

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En matière de radicalité, on n’attendait pas grand-chose du Parti socialiste. Durement défait à l’élection présidentielle de 2017, il avait longuement oscillé entre s’allier à Macron ou renforcer ses valeurs de gauche. Le choix avait été fait, à demi-mot, quand, à l’Assemblée nationale, le groupe s’était rapproché des Insoumis et des communistes et que le parti s’était allié à l’essayiste Raphaël Glucksmann pour les élections européennes. Mais les municipales de mars 2020 donnent lieu à un surprenant rétropédalage. Avec leurs près de 12 000 conseillers municipaux sortants et des grosses villes (Paris, Lille, Nantes) qu’ils tiennent comme des bastions, les socialistes ont beaucoup à perdre et ne savent pas sur quel pied danser : avec qui s’allier et sur quelles bases ? La décision du 22 juin du bureau national sur la question est pour le moins sibylline… Le parti « n’investira ou ne soutiendra aucune tête de liste soutenant la politique libérale du gouvernement ».

S’il prévient qu’il n’y aura pas d’alliances avec La République en marche, la porte n’est pourtant pas fermée aux anciens transfuges, pas plus qu’elle ne l’est aux Macron-compatibles. Ainsi, en Seine-Saint-Denis, Olivier Klein, le maire sortant de Clichy-sous-Bois, a obtenu l’investiture du parti, en dépit de la présence probable du député LREM Stéphane Testé sur sa liste. Le conseil fédéral socialiste du département a bien rué dans les brancards, mais le bureau national du parti a répondu par une pirouette. « Si Macron et son parti estiment que les candidats PS sont les meilleurs, il peut tous les soutenir, ça ne me dérange pas », plaisantait Olivier Faure, secrétaire national, auprès de Libération. Alors, on prend les mêmes stratégies (perdantes) et on recommence ?


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