Union européenne : déjà deux commissaires récusés

Pour la première fois de son histoire, la commission des Affaires juridiques (JURI), chargée de valider les déclarations d’intérêt des candidats, a refusé de donner son aval à la sociale-démocrate roumaine Rovana Plumb et au Hongrois Laszlo Trocsanyi.

Michel Soudais  • 2 octobre 2019
Partager :
Union européenne : déjà deux commissaires récusés
© photo : Laszlo Trocsanyi. crédit : BILLAL BENSALEM / NURPHOTO

Le Parlement européen donne du fil à retordre à Ursula von der Leyen. Confirmée de justesse le 16 juillet à la présidence de la Commission européenne – elle n’a obtenu que neuf voix de plus que la majorité requise –, l’ancienne ministre allemande de la Défense vient de voir deux de ses commissaires recalés avant leur oral de confirmation. Pour la première fois de son histoire, la commission des Affaires juridiques (JURI), chargée de valider les déclarations d’intérêt des candidats, a refusé de donner son aval à la sociale-démocrate roumaine Rovana Plumb et au Hongrois Laszlo Trocsanyi.

La première, pressentie pour s’occuper des Transports, s’est vu reprocher deux prêts litigieux ; elle avait, entre autres faits reprochés, immatriculé en Bulgarie son véhicule pour échapper à une taxe carbone de 3 000 euros qu’elle avait mise en place comme ministre de l’Environnement. Le second, ministre de la Justice d’Orban de 2014 à 2019, devait être chargé de l’Élargissement. Or le bureau d’avocats qu’il a cofondé a bénéficié de nombreuses commandes publiques pour se développer ces dernières années, et sa société a représenté les intérêts d’Uber en Hongrie alors qu’il était ministre.

Selon la députée Manon Aubry (LFI), très critique sur la procédure d’analyse des conflits d’intérêts par la commission JURI, dans laquelle elle siège, ces deux-là « sont loin d’être les pires » : ils doivent sans doute leur éviction au fait d’être « issus de “petits pays” » et « situés plutôt à la marge de leur groupe politique ».

Ursula von der Leyen, déjà très critiquée sur l’intitulé du portefeuille associant migrations et « mode de vie européen », pourrait être contrainte de remanier plus profondément son équipe à l’issue des auditions auxquelles procède le Parlement jusqu’au 8 octobre pour vérifier les aptitudes de chaque commissaire désigné à occuper son poste. Car, pour entrer en fonction le 1er novembre, la Commission européenne doit encore être confirmée par un vote des eurodéputés, le 23 octobre.

Politique
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« Le PS doit retrouver une colonne vertébrale pour peser à gauche »
Entretien 3 avril 2026 abonné·es

« Le PS doit retrouver une colonne vertébrale pour peser à gauche »

Poitiers, Vaulx-en-Velin, Bègles… Trois gauches, trois défaites. Dans ce dossier spécial, les candidats perdants analysent leur échec et en tirent les leçons. Ici, la socialiste et maire sortante Hélène Geoffroy critique la stratégie d’opposition de la France insoumise, et regrette que le PS n’ait « rien produit » dans l’opposition face à Emmanuel Macron.
Par Alix Garcia
« On a été pris au piège de tirs croisés entre Place publique, le PS et LFI »
Entretien 3 avril 2026 abonné·es

« On a été pris au piège de tirs croisés entre Place publique, le PS et LFI »

Poitiers, Vaulx-en-Velin, Bègles… Trois gauches, trois défaites. Dans ce dossier spécial, les candidats perdants analysent leur échec et en tirent les leçons. Ici, Léonore Moncond’Huy, maire écologiste élue en 2020, critique le climat de division à gauche.
Par Vanina Delmas et Lucas Sarafian
La gauche sur le divan : trois défaites, une impasse
Parti pris 3 avril 2026

La gauche sur le divan : trois défaites, une impasse

À un an de la présidentielle, la gauche donne le spectacle paradoxal d’un camp qui analyse ses défaites en ordre dispersé. Insoumis, écologistes, socialistes : chacun raconte son échec, pointe les fautes des autres, et défend sa ligne sans jamais vraiment trancher la question centrale : comment gagner ensemble ?
Par Pierre Jacquemain
« On passe plus de temps à taper sur le PS que sur la droite et l’extrême droite »
Entretien 2 avril 2026 abonné·es

« On passe plus de temps à taper sur le PS que sur la droite et l’extrême droite »

Poitiers, Vaulx-en-Velin, Bègles… Trois gauches, trois défaites. Dans ce dossier spécial, les candidats perdants analysent leur échec et en tirent les leçons. Ici, Loïc Prud’homme, député insoumis de Gironde et candidat à Bègles, prend ses distances avec son mouvement.
Par Lucas Sarafian