Galia Ackerman : « Un soviétisme sans le communisme »

Trente ans après la fin de l’URSS, le pouvoir russe joue la nostalgie de la gloire patriotique, y compris avec les républiques devenues indépendantes, explique l’historienne Galia Ackerman.

Olivier Doubre  • 13 novembre 2019 abonné·es
Galia Ackerman : « Un soviétisme sans le communisme »
© Le « Musée d’histoire de la grande guerre patriotique », à Minsk, exalte les héros biélorusses et le rôle de l’URSS dans la victoire contre les nazis. Julie Franchet/Julie Franchet/Hans Lucas/AFP

Née en Union soviétique, qu’elle a quittée en 1973, l’historienne et journaliste Galia Ackerman n’a cessé depuis lors de travailler sur la Russie, mais aussi sur l’Ukraine, où elle a longuement enquêté sur les suites de la catastrophe de Tchernobyl. Dans son dernier livre, Le Régiment immortel. La guerre sacrée de Poutine (1), elle décrypte la propagande de Moscou, qui loue le passé soviétique – et non l’idéologie communiste – pour mieux flatter les penchants nationalistes de la population et regagner une forte influence sur ses voisins les plus proches, anciennes républiques de l’URSS.

En 1991, lorsque l’URSS s’est effondrée, quatorze républiques se sont affranchies de la Russie et sont aujourd’hui ce que Moscou appelle « l’étranger proche ». Quels sont les rapports du régime de Poutine avec elles?

Galia Ackerman : Il y a d’abord des accords internationaux. L’Union -eurasiatique regroupe la Russie, la Biélorussie, le -Kazakhstan et, plus récemment, le Kirghizstan et -l’Arménie, avec une intégration assez développée concernant les douanes, certains services de sécurité et d’autres administrations, avec des accords commerciaux. L’Organisation de -coopération de Shanghai, strictement sécuritaire, rassemble quant à elle les pays de

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

Élections : à Berlin, « l’amour et la justice ont triomphé de la haine » 
Monde • 22 septembre 2026 abonné·es

Élections : à Berlin, « l’amour et la justice ont triomphé de la haine » 

Le 20 septembre, dans la capitale allemande, le parti de gauche radicale Die Linke l’a emporté haut la main face aux chrétiens-démocrates (CDU) aux élections régionales. Elif Eralp, fille d’immigrés turcs, en est la figure de proue. Un message politique qui prend un tour symbolique dans une Allemagne où la formation d’extrême droite AfD gagne du terrain dans plusieurs Länder.
Par Opale von Kayser
À Guadalajara, au Mexique, la lutte pour de « l’eau propre »
Enquête • 11 septembre 2026 abonné·es

À Guadalajara, au Mexique, la lutte pour de « l’eau propre »

Dans la grande métropole de l’ouest du Mexique, les familles les plus modestes sont victimes de coupures régulières ou ne voient couler de leur robinet qu’un liquide répugnant, tandis que des résidences de luxe captent des ressources privées.
Par Florian Lefèvre
La Cisjordanie occupée, dans l’abîme
Analyse • 9 septembre 2026

La Cisjordanie occupée, dans l’abîme

Violences physiques, incendies, destructions de champs d’oliviers, vols de bétails… Chaque jour, la liste des agressions commises par des colons israéliens s’allonge dans le territoire. Et aucune décision politique forte ne met fin à cette spirale de violences contre les Palestinien·nes.
Par Céline Martelet
Palestinien·nes réfugié·es en France : « Je m’étais forcé à ne plus y croire »
Témoignage • 9 septembre 2026 abonné·es

Palestinien·nes réfugié·es en France : « Je m’étais forcé à ne plus y croire »

Discrètement et au compte-gouttes, les autorités françaises reprennent les évacuations de la bande de Gaza. Fin août, quarante-quatre personnes sont arrivées à Paris. Parmi elles, des lauréat·es du programme Pause. Ce dispositif de mise à l’abri de chercheur·ses et d’artistes était suspendu depuis un an.
Par Céline Martelet et Alexandre Rito