Un discours de guerre civile

La réplique du préfet de police de Paris à une gilet jaune est aussi inadmissible que révélatrice.

Michel Soudais  • 20 novembre 2019
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Un discours de guerre civile
Photo : ludovic MARIN / POOL / AFP

La scène, captée par BFMTV, résume toute la dangereuse conception du maintien de l’ordre du préfet de police de Paris. Dimanche 17 novembre, Didier Lallement (photo) en uniforme arpente la place d’Italie pour constater les dégâts commis la veille par des casseurs quand il croise une femme de 61 ans, habitante du quartier. À la remarque qu’il lui fait sur le gilet jaune qu’elle porte sous son manteau, la dame confirme : « Oui je suis gilet jaune. » « Eh bien, nous ne sommes pas dans le même camp », réplique dédaigneusement le préfet en tournant les talons.

Un préfet de police ne devrait pas dire ça. Comme ses subordonnés, ce haut fonctionnaire est astreint à un « devoir de réserve » inscrit à l’article R. 434-29 du code de la Sécurité intérieure : _« Le policier est tenu à l’obligation de neutralité. Il s’abstient, dans l’exercice de ses fonctions, de toute expression ou manifestation de ses convictions religieuses, politiques ou philosophiques. »

Inadmissible donc, la petite phrase de Didier Lallement est néanmoins révélatrice. Elle confirme que ce préfet est en guerre contre une partie de la société. Ce qu’atteste également le fait qu’à la différence de ses prédécesseurs il s’affiche en uniforme sur le terrain, à l’instar des chefs militaires. Cette conception explique qu’au lieu de permettre aux manifestants d’exercer leur droit constitutionnel, les forces de l’ordre s’emploient dès qu’une vitrine est étoilée à taper dans le tas. Sans distinction aucune, mais avec rage.

Les échos
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