Quatre femmes puissantes

À la tête de quatre pays où le coronavirus est sous contrôle, des femmes orientées à gauches.

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Le coronavirus est fort rétif aux priorités économiques des hommes. Trois d’entre eux sortent du lot, qui ont en partage l’arrogance des mâles alpha face aux obstacles. Trump, Johnson et Bolsonaro ont chacun à leur heure, et avec une persistance pathétique, traité par le mépris ce Covid-19 propagé par un si minuscule organisme. Obnubilés par la sauvegarde à court terme des intérêts de l’économie, ils en ont défendu avec force la prééminence sur la précaution sanitaire. Bolsonaro, le plus extrême sur la droite, a résumé la déchéance dans laquelle il plonge l’idée d’un État protecteur et solidaire : il faut bien mourir de quelque chose, et la défense de l’économie vaut bien quelques risques.

À ce jour, la pandémie est hors de contrôle aux États-Unis. Au Brésil, la situation se stabilise à peine, et à très haut niveau. Au Royaume-Uni, Johnson, qui a failli mourir du Covid-19, a fini par prendre, bien tard, des mesures fermes. Début juillet, par jour, le nombre de nouveaux cas y était inférieur à 600, pour 90 morts.

Cette statistique nationale masque cependant des disparités considérables. L’essentiel de l’activité du virus se concentre en Angleterre. En Écosse, le 6 juillet : quatre nouveaux cas et aucun décès. Même rapportés à une population dix fois moindre qu’en Angleterre, le contraste est radical. La Première ministre, Nicola Sturgeon, a rapidement imposé des mesures sanitaires strictes, et maîtrisé le déconfinement avec une prudence qui lui vaut les foudres du monde économique, syndicats compris. Début juillet, elle rejetait le projet de Johnson d’établir un pont aérien avec des pays choisis d’où les ressortissant·es seraient exampté·es de « quatorzaine » au Royaume-Uni. Politique « chaotique », a répondu Sturgeon, insensible à la colère du directeur de l’aéroport d’Édimbourg, qui prédit le chômage pour un tiers du personnel aéronautique.

Les statistiques mondiales ne s’attardent pas plus sur l’Écosse que sur Taiwan, l’Islande ou la Nouvelle-Zélande, où le virus n’est pratiquement plus détecté, au prix d’une politique sanitaire qui n’a pas flanché devant la pression économique. À leur tête, quatre femmes, Tsai Ing-wen (centre gauche), Katrín Jakobsdóttir (écologiste, gauche), Jacinda Ardern (centre gauche), Nicola Sturgeon (centre gauche). Ce n’est pas un hasard si les trois dernières se retrouvent au sein du Wellbeing Economy Governments (WEGo), un partenariat entre gouvernements promouvant une « économie du bien-être humain et écologique » devant la croissance. Un quatrième larron les y a rejointes : Mark Drakeford, Premier ministre du Pays de Galles, où le coronavirus n’est presque plus détecté.


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