Le masque et le faux-nez de Macron

Au lieu de jouer la carte de l’encouragement et de la pédagogie, le gouvernement opte donc une fois de plus pour l’infantilisation et la menace du gendarme.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Après Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Lyon, Paris et sa petite couronne et certaines zones dans des dizaines de villes, toute la France bientôt sous régime du masque obligatoire dans la rue ? 76 % des personnes sondées fin août (Odoxa-Dentsu Consulting) y sont favorables, soit 13 points de plus que dix jours plus tôt (sondage Harris interactive).

Pendant tout l’été, le gouvernement a distillé des alertes – attroupements sans précaution, contaminations groupées, recrudescence des cas de positivité au Covid-19, etc. À l’heure de la rentrée scolaire et de la reprise de l’activité dans les entreprises, il importait donc au président Macron, qui expose sa stratégie de relance 2030, d’apparaître en maîtrise de la crise sanitaire. Et peu importe que la fameuse deuxième vague ne soit (à l’heure actuelle) qu’une hypothèse : l’augmentation (toute relative) du nombre de cas positifs est due en grande partie à la mise en place d’un dépistage massif et, surtout, la courbe des hospitalisations reste au plus bas. Par ailleurs, l’imposition du masque dans la rue n’est soutenue par aucun consensus scientifique. Au contraire, la masse des études relève que l’extérieur semble très peu contaminant (hors rues bondées, attroupements, etc.) : le risque majeur réside dans les situations de confinement. Alors que le port du masque est parfaitement admis dans les salles de spectacle, les magasins, les transports en commun, etc., il aurait été bien plus utile de renforcer les messages sur sa bonne utilisation : 9 personnes sur 10 (sondage Harris cité plus haut) ne suivent pas au moins l’une des recommandations sanitaires – manipulation par les élastiques, rangement, fréquence de changement ou de lavage, etc. –, ce qui altère l’efficacité de la barrière du masque.

Au lieu de jouer la carte de l’encouragement et de la pédagogie, le gouvernement opte donc une fois de plus pour l’infantilisation et la menace du gendarme (135 euros d’amende en cas d’infraction). Et encore, si marcher seul·e dans la rue en masque n’était que ridicule… La généralisation de la mesure risque hélas d’élargir encore l’emprise de la peur. Se justifiant d’avoir voulu « simplifier » sa communication en matière de lutte contre le Covid-19, le gouvernement est en train d’établir le virus en ennemi public numéro un, susceptible d’agresser quiconque au coin de la rue, tout en donnant l’illusion de le contrôler. Voilà qui devrait renforcer la popularité de Macron au sein de la population du troisième âge, catégorie la plus à risque, dont le vote pourrait lui être éminemment utile à la présidentielle de 2022. Mais aussi alimenter la fronde de celles et ceux qui ne supportent plus ces contrefaçons sanitaires.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notfications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.