À Grandpuits, syndicats et écologistes autour du même brasero

Entre « greenwashing » et destructions d’emplois, le projet de reconversion de la raffinerie Total de Grandpuits est contesté par une alliance unique de syndicats et d’ONG écologistes.

Erwan Manac'h  • 13 janvier 2021 abonné·es
À Grandpuits, syndicats et écologistes autour du même brasero
Une manifestation des salariés de Grandpuits devant le siège de Total, le 6 octobre 2020 à La Défense.
© Jacopo Landi / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Des raffineurs en grève pour leur emploi, soutenus par des militants écologistes… L’image, peu banale, s’est invitée par surprise dans l’actualité, aux premières heures de l’année 2021. Le lundi 4 janvier, 6 heures du matin, les ouvriers de la raffinerie Total de Grandpuits (Seine-et-Marne) découvrent à leur prise de service que leur direction programme le grand « dégazage » des installations. En clair, ils doivent nettoyer l’usine, pour permettre l’intervention des entreprises de démolition et les travaux de reconversion du site en un pôle de production de biocarburant et de « bioplastique ». Piqués au vif, les ouvriers, qui avaient déjà bloqué, le 17 décembre, une première tentative de dégazage, débrayent. « On ne touchera pas à l’outil de travail tant que les négociations sur le plan social ne seront pas terminées », avertit Adrien Cornet, pompier sur la raffinerie et délégué CGT.

La période est explosive, car la direction dirige à marche forcée les discussions concernant un plan social qui doit détruire un tiers des emplois de la raffinerie (1). La reconversion industrielle du site – le plan « Galaxie » – a été annoncée le 24 septembre sans concertation. Sa principale motivation est économique : le pipeline de 260 kilomètres qui alimente le site en pétrole brut a connu plusieurs fuites et des fissures réapparaissent, précipitant début décembre l’arrêt de la production. Son remplacement coûterait 600 millions d’euros à Total, à une heure où la rentabilité du raffinage est amoindrie par une surproduction à l’échelle mondiale. Le

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