Chez Ikea, les meubles ont des oreilles

Dix cadres et quatre policiers sont jugés pour avoir systématisé les enquêtes sur la vie privée de salariés du groupe.

Erwan Manac'h  • 24 mars 2021 abonné·es
Chez Ikea, les meubles ont des oreilles
© Jeff PACHOUD / AFP

Un système généralisé d’espionnage est au cœur du procès d’Ikea France et de dix de ses cadres, ouvert le 22 mars devant le tribunal correctionnel de Versailles pour deux semaines. Cette imposante affaire de barbouzerie et de fichage explose en février 2012 dans les colonnes du Canard enchaîné et de Mediapart, avec la fuite d’une centaine d’e-mails internes montrant comment la multinationale suédoise s’est procuré, pendant des années, les fiches de police de ses futures recrues, sur un marché noir bien organisé.

À chaque ouverture de magasin, le directeur de la sécurité d’Ikea France, Jean-François Paris, transmettait une liste de noms à une officine nommée Eirpace, fondée par un ancien inspecteur des renseignements, Jean-Pierre Fourès. Des fiches de

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