La Centrafrique dans la spirale de la guerre civile
L’assaut donné mi-janvier par une coalition de rebelles, en conflit depuis huit ans avec le gouvernement, accable une fois de plus la population, confrontée à la violence et à une grave crise alimentaire.
dans l’hebdo N° 1643 Acheter ce numéro

© ALEXIS HUGUET/AFP
Le quartier populaire de Boing, dans la banlieue de Bangui, est dans l’œil du cyclone depuis le 13 janvier. Ce jour-là, la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), une alliance de six groupes armés rebelles créée par l’ancien président François Bozizé, passe à l’attaque, occupe plusieurs villes du pays et menace la capitale de la Centrafrique. Cette énième crise nationale a éclaté trois semaines avant l’élection présidentielle du 27 décembre 2020, après que la Cour constitutionnelle centrafricaine a décidé d’invalider la candidature de Bozizé, ancien militaire putschiste accusé par l’ONU d’exactions criminelles.
Comme Boing, une dizaine d’autres quartiers « pro-Bozizé » ont subi une forte répression gouvernementale, avec des raids armés, des enlèvements et des exécutions sommaires « sur la simple base de rumeurs », affirmele propriétaire d’un petit bar du quartier sous couvert d’anonymat. « Nous ne soutenons aucun groupe armé. Vous voyez des rebelles ici ? » demande-t-il. Mais, dans les zones étiquetées « pro-Bozizé », le fait d’avoir boycotté l’élection ou voté selon les consignes du candidat évincé a suffi à rendre les habitants suspects de collaboration avec les rebelles aux yeux des forces armées centrafricaines (Faca).
Un détachement s’est établi à Boing, prenant possession des ruelles qui serpentent entre les bâtisses grisâtres. Les soldats ont reçu l’ordre de faire le ménage.