Turquie : Nouvelle poussée de nationalisme

Le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan envisage désormais la dissolution du HDP, un mouvement de gauche défendant les droits des Kurdes.

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Le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan exacerbe chaque jour un peu plus le nationalisme turc. Le 17 mars, un procureur a transmis à la Cour constitutionnelle une demande officielle de dissolution du Parti démocratique des peuples (HDP), un mouvement de gauche défendant les droits des Kurdes. La requête est assortie d’une demande d’inéligibilité contre 600 membres du parti, arrivé troisième lors de l’élection présidentielle de 2018. Dès le lendemain, les dirigeants du HDP dénoncent un « putsch », appelant « toutes les forces d’opposition » à lutter contre l’interdiction. Pour justifier l’acte d’accusation, le procureur s’appuie sur une rhétorique bien connue : assimiler la défense des Kurdes à une complicité avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme organisation terroriste par l’État turc. Quatre jours plus tard, la farce se poursuit avec l’arrestation ubuesque d’un député du HDP ayant partagé un article d’un des cadres du PKK, Murat Karayılan, appelant à la reprise du processus de paix.

Par simple décret présidentiel, le Parti de la justice et du développement (AKP) a également décidé de sortir le pays de la convention dite d’Istanbul sur la lutte contre les violences faites aux femmes. « Il n’est pas nécessaire de chercher le remède en dehors de chez nous », a justifié le vice--président turc. La décision s’inscrit dans un durcissement à l’égard du droit des femmes et une ingérence de l’État dans la vie conjugale. Les fréquentes saillies misogynes du président Erdogan en sont un exemple.


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