« Mélenchon est la dernière chance du populisme de gauche »

Le nouvel essai du politiste Manuel Cervera-Marzal décortique la sociologie et le fonctionnement de La France insoumise, sans rien omettre de ses failles.

Roni Gocer  • 13 octobre 2021 abonné·es
« Mélenchon est la dernière chance du populisme de gauche »
L’un des éléments du succès de la campagne de 2017, c’est l’adoption d’un principe de fonctionnement en petit nombre, autour de la garde rapprochée du candidat.n
© OLIVIER CHASSIGNOLE/AFP

À l’état gazeux, la matière n’a ni volume ni forme propre. La France insoumise se voudrait pareille. Le jeune mouvement représente, depuis sa création en 2016, un casse-tête pour les politologues et les journalistes. Si beaucoup se consolent en commentant les sorties et les tribulations de son chef, Jean-Luc Mélenchon, le politiste Manuel Cervera--Marzal garde les yeux rivés sur sa structure. Après trois années de recherche et une centaine d’entretiens, il livre dans Le Populisme de gauche (1) un tableau détaillé du mouvement. Au-delà d’une analyse à froid de l’organisation politique, l’essai évoque aussi ceux qui la composent, ses militants et ses militantes. En parallèle, il dresse également le bilan de la dernière décennie du populisme de gauche, qu’il associe en filigrane à la trajectoire de La France insoumise.

Entre les militant⋅es issu⋅es du Parti socialiste ou du Parti communiste et les insoumis⋅es, les différences sociologiques sont-elles notables ?

Manuel Cervera-Marzal : Assez peu. Si on mêlait ces trois groupes de militants, on aurait du mal à distinguer des profils sociologiques très différents. À chaque fois, on retrouve une surreprésentation des catégories de personnes considérées comme disponibles, c’est-à-dire des retraités et des étudiants.

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Corse : journée des dupes à l’Assemblée
Parti pris 26 juin 2026

Corse : journée des dupes à l’Assemblée

L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République. Il s’agissait, nous dit-on, de trancher sur une seule question : autonomie ou pas autonome ? Cette manière de présenter le problème est un leurre.
Par Roger Martelli
« Il n’a pas d’autre choix que de se saisir du sujet » : après le meurtre de Lyhanna, le gouvernement sommé d’agir
Analyse 23 juin 2026 abonné·es

« Il n’a pas d’autre choix que de se saisir du sujet » : après le meurtre de Lyhanna, le gouvernement sommé d’agir

Pour sortir de la crise, Sébastien Lecornu compte bien se nourrir d’une loi intégrale portée, depuis des mois, par plusieurs associations féministes, puis par une coalition transpartisane. Récupération ou prise de conscience ? Ses défenseurs veulent que le gouvernement passe des paroles aux actes.
Par Lucas Sarafian
« On ne gagne pas une élection présidentielle seulement sur les questions internationales »
Entretien 16 juin 2026 abonné·es

« On ne gagne pas une élection présidentielle seulement sur les questions internationales »

L’engagement de certains candidats sur les crises internationales peut-il devenir un atout électoral en 2027 ? Chercheur en science politique, Élie Michel décrypte les limites du poids de l’international dans la présidentielle à venir.
Par William Jean
La résilience, boussole pour le monde à venir
Inégalités 12 juin 2026 abonné·es

La résilience, boussole pour le monde à venir

Alors que les crises sociales, démocratiques et écologiques nourrissent partout le sentiment d’impuissance, des résistances citoyennes dessinent d’autres possibles. Cécile Duflot plaide pour faire de la résilience collective une force politique capable de combattre les inégalités, défendre l’État de droit et redonner espoir face aux replis nationalistes et aux logiques de renoncement.
Par Cécile Duflot