Gaza, lieu de tous les désespoirs

Subissant un blocus mortifère imposé par Israël depuis 2006, et contrôlé par le Hamas, l’étroit territoire se meurt dans l’indifférence internationale.

Islam Alasttal  et  Ilyad Alasttal  • 21 septembre 2022 abonné·es
Gaza, lieu de tous les désespoirs
© Une mère et sa fille sur le toit de leur maison dans le camp de réfugiés de Jabalia, le 28 août 2020. (Photo : Fatima Shbair / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP.)

Les Palestiniens l’appellent « la plus grande prison à ciel ouvert du monde ». Plus de 2 millions de personnes vivent dans un espace long de 41 kilomètres et large de 6 à 12 kilomètres, assiégées à l’intérieur de frontières fermées de tous côtés, et périodiquement pilonnées par l’aviation israélienne. La dernière offensive israélienne, au mois d’août, a fait 50 morts. Dont 19 enfants. Mais impossible de fuir ou de vivre décemment.

Israël interdit aux Palestiniens de gérer un aéroport ou un port maritime et limite le mouvement des personnes et des marchandises à trois points de passage. Deux sont contrôlés par Israël et un troisième, le point frontalier de Rafah, consacré au passage des individus, par l’Égypte. Le principal point de passage des marchandises, Beit Hanoun-Erez, entièrement contrôlé par Israël, représente le poumon de la bande de Gaza, en particulier pour les malades qui ont besoin de soins en Cisjordanie ou en Israël.

Deux événements ont transformé la situation des Gazaouis au cours des vingt dernières années. Ce 12 septembre marquait le dix-septième anniversaire de l’évacuation de 21 colonies juives, qui occupaient environ 35 % de la superficie de l’étroit territoire. C’était en 2005. L’année suivante, les élections législatives ont été marquées par la victoire du Hamas sur le Fatah, qui détenait jusque-là tous les pouvoirs. L’événement a été suivi d’affrontements entre les deux mouvements rivaux, qui ont permis au Hamas de resserrer son contrôle sur la bande de Gaza.

Depuis, la vie a profondément changé. À intervalles réguliers, une pluie de missiles s’abat sur la bande de Gaza, causant des milliers de victimes, sans parler de la destruction des infrastructures. En cinq guerres, la première en 2008 et la dernière en 2021, des milliers de logements ont été détruits, poussant souvent les familles vers des caravanes qui ne protègent ni de la chaleur ni du froid.

Menaces constantes d'expulsion

La maison de Rawda Al-Masri, femme au foyer de 50 ans, a été détruite en 2014, dans la ville de Beit Hanoun, dans le nord du territoire. Elle vit aujourd’hui dans une maison de deux pièces. Elle est menacée à tout moment d’expulsion en raison de sa situation économique difficile et de son incapacité à payer le loyer régulièrement.

Rawda participe, avec des centaines de femmes, à des sit-in occasionnels pour exiger le décaissement rapide des cotisations d’indemnisation de leurs familles, afin de pouvoir reconstruire la maison qui appartenait à sa famille. Beaucoup de ces femmes ainsi que leurs maris sont menacés de prison en raison de l’accumulation de dettes.

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