Les projets de Macron pour faire trimer plus

Âge de la retraite, droits des chômeurs, lycées professionnels… La Macronie engage une régression sociale à marche forcée.

Michel Soudais  • 21 septembre 2022 abonné·es
Les projets de Macron pour faire trimer plus
© Photo : LUDOVIC MARIN / POOL / AFP.

Au lendemain de sa réélection, Emmanuel Macron prétendait avoir changé. Il n’en est rien. Si le président des riches a joué de lenteur pour former les gouvernements Borne I et II, donné ensuite l’impression de marquer une pause en s’abstenant de convoquer en septembre une session extraordinaire du Parlement, il sonne désormais la charge.

Le 12 septembre, lors d’une rencontre avec des journalistes de la presse présidentielle, le chef de l’État a réaffirmé sa volonté de voir la réforme des retraites entrer en vigueur dès l’été 2023. Le lendemain, à l’issue de la visite d’un lycée des métiers, il levait le voile sur sa réforme de la voie professionnelle, présentée comme un « chantier essentiel » de son second quinquennat.

Le 6 septembre, le conseil des ministres avait adopté un énième projet de loi réformant l’assurance-chômage. Trois chantiers à forte tonalité antisociale, dictés par l’obsession élyséenne d’adapter le marché du travail aux desiderata du patronat et aux recommandations de la Commission européenne. 

Retraites : travailler plus longtemps pour payer les baisses d'impôts

Oubliée, l’ambition de la réforme systémique de 2019, adoptée en première lecture à l’Assemblée grâce à l’article 49.3 de la Constitution – qui permet au gouvernement de faire passer un texte, sans vote, si une motion de censure n’est pas adoptée –, mais stoppée par la pandémie de covid-19. Désormais, Emmanuel Macron veut aller au plus vite avec une simple réforme paramétrique. 

En campagne pour sa réélection, il s’est engagé à repousser à 65 ans l’âge de départ en retraite en 2030, à raison de « quatre mois par an » jusqu’au « milieu des années 2030 », avant de concéder que 64 ans en 2027, avec une clause de revoyure, ferait l’affaire. Ce qui ne changeait rien au fond : il s’agit toujours de « travailler plus longtemps ». Une nécessité « dans une nation où on vit plus vieux et on entre plus tard en moyenne dans la vie active », martèle le gouvernement, conscient que sa réforme régressive risque de se heurter à une opposition massive.

En clair, c’est aux salariés de payer les cadeaux fiscaux consentis depuis 2017.

D’autant que rien dans le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites ne l’impose, contrairement à ses affirmations. Rien, sinon ses choix politiques. En ne voulant ni creuser davantage la dette publique, ni augmenter les impôts, « on ne peut jouer que sur la durée de travail »pour financer le système de retraites, a admis, lundi, le rapporteur général du budget, Jean-René Cazeneuve, député Renaissance du

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Une gauche minorée face à la poussée illibérale
Analyse 5 juin 2026

Une gauche minorée face à la poussée illibérale

Entre divisions stratégiques, héritage du social-libéralisme et tentations hégémoniques, la gauche se trouve confrontée à un défi historique : construire un projet de rupture capable de rassembler largement et de contenir le basculement vers une démocratie illibérale.
Par Roger Martelli
Verts populaires : « Nous rejoignons la campagne de Jean-Luc Mélenchon »
Entretien 4 juin 2026

Verts populaires : « Nous rejoignons la campagne de Jean-Luc Mélenchon »

Julia Mignacca, la porte-parole des Verts populaires, le collectif qui a quitté les Écologistes pour s’allier aux insoumis, constate l’impasse politique des défenseurs d’une primaire. Et espère que son ancien parti rejoindra la campagne de Jean-Luc Mélenchon.
Par Lucas Sarafian
Présidentielle : Jean-Luc Mélenchon à l’assaut de son 4e tour
Analyse 4 juin 2026 libéré

Présidentielle : Jean-Luc Mélenchon à l’assaut de son 4e tour

Le candidat insoumis et son armada promettent une campagne collective. Espérant le ralliement des écologistes et des communistes, ils veulent incarner un espoir après dix ans de macronisme. Sans abandonner la conflictualité.
Par Lucas Sarafian
Villes RN : un avant-goût de la mise au pas de la démocratie
Analyse 3 juin 2026 abonné·es

Villes RN : un avant-goût de la mise au pas de la démocratie

Le Rassemblement national ou ses alliés politiques n’aiment pas les organisations syndicales. Les 62 municipalités qu’ils contrôlent désormais sont des laboratoires où ils testent leurs méthodes contre les représentants des travailleurs et travailleuses.
Par Céline Martelet