5 ans de #MeToo : « On a trop individualisé le combat féministe »

Militantes féministes aux trajectoires et aux terrains différents, Alice Coffin et Fatima Ouassak débattent de l’état des luttes et des moyens de les faire converger.

Nadia Sweeny  et  Hugo Boursier  • 12 octobre 2022 abonné·es
5 ans de #MeToo : « On a trop individualisé le combat féministe »
Fatima Ouassak et Alice Coffin, dans les locaux de Politis, le 7 octobre dernier.
© Toutes photos de l'entretien : Maxime Sirvins.

Après #MeToo, où en est le combat féministe ? Est-il allé trop loin, ou pas assez ? Comment peut-il s’articuler pour relever les immenses défis qui subsistent et faire face à la montée en puissance de l’extrême droite qui phagocyte les combats féministes ?

Fatima Ouassak est cofondatrice du collectif Front de mères, syndicat de parents des quartiers populaires. À Bagnolet, aux côtés d’Alternatiba, ce collectif a ouvert une maison de l’écologie populaire nommée « Verdragon ». Alice Coffin, militante LGBT, est élue apparentée EELV au Conseil de Paris.

Deux histoires différentes, deux destins croisés. Elles représentent deux grands courants de la lutte féministe moderne et prônent un combat commun. Nous les avons conviées à la rédaction de Politispour un échange à bâtons rompus sur l’avenir d’une lutte plus que jamais nécessaire.

Fatima Ouassak, la colère est le sujet du livre collectif publié le 12 octobre et auquel vous participez (1). Ce sentiment, notamment dans la perspective MeToo, est-il un moteur déterminant de l’engament féministe ?

Fatima Ouassak : Dans ce livre, je parle de stratégie de la colère de mon point de vue de militante racisée qui, pendant longtemps, n’a pas su quoi faire de ce sentiment, auquel j’étais souvent renvoyée. La colère, en réalité, ne sert pas à grand-chose à part se faire du mal. Il faut parvenir à la rendre politique et, donc, collective. Ce qui demande parfois de mettre de l’eau dans son vin. Pour MeToo, qu’on résume souvent à une action éruptive, on oublie le travail militant réalisé en amont et qui a permis à ce mouvement de se donner à voir de cette manière-là.

Fatima Ouassak et Alice Coffin, dans les locaux de Politis, le 7 octobre dernier. (Photo : Maxime Sirvins.)

Alice Coffin : Les militantes féministes sont systématiquement ramenées à leur colère. Je crois plutôt que c’est un état de combattante. En revanche, la puissance de MeToo a mis en colère le camp d’en face. Et on ne parle jamais de leur colère, à eux, épidermique et jamais construite. Ce qui m’a beaucoup marquée depuis que je suis élue, c’est que dès que l’on fait montre de cet état combattif dans la sphère politique, il paraît hors de propos. Quand je me suis opposée de manière véhémente, notamment dans l’affaire Girard (2), c’était la sidération. On me disait : « Votre place est dans la rue, ou sur les réseaux sociaux. »

F.O. : « Il faut parvenir à rendre la colère politique, et donc collective ».

Il y a une aseptisation des lieux de pouvoir politique. Or le propre même des assemblées politiques, c’est d’être un lieu de discussion reflétant les rapports de force dans la société. Je partage l’analyse de Fatima sur le rôle du travail collectif dans l’arrivée de #MeToo et de #BalanceTonPorc, mais je pense que le marqueur principal, c’est la possibilité de dire qu’il y a des responsables et de les nommer. 

Justement, pendant le mouvement BalanceTonPorc, des agresseurs présumés ont été nommés. Depuis, on pointe du doigt des individus sans toujours faire appel à la justice en bafouant la présomption d’innocence. Est-ce que #MeToo remet en question l’État de droit ?

A. C. : Je comprends que la question soit posée en ces termes. Mais dans ce prétendu « État de droit », la majorité des femmes victimes doivent encore vivre avec leur agresseur, au travail, à l’Assemblée, ou le voient sans arrêt à la télévision. On ne peut pas dire qu’on soit dans un système où la justice fonctionne. Le fait de balancer des noms est une réponse aux défaillances totales de notre système. Même si je ne le fais pas moi-même, je reste solidaire des pratiques activistes quelles qu’elles soient parce que je sais d’où elles procèdent.

A.C. : « Balancer des noms est une réponse aux défaillances totales de notre système en matière de protection des femmes ».

F. O. (s’adressant à A. C.) : Mais tu ne te trouves pas que c’est une impasse politique ? Au Maroc, par exemple, les journalistes qui dérangent le pouvoir sont accusés de viol et d’agression sexuelle, et sont emprisonnés. Les féministes dénoncent cette instrumentalisation. En France, cette pratique ne nous fait-elle pas prêter le flanc à des dérives que nous ne pouvons maîtriser ?

A. C. : Dans le contexte français, je ne suis pas inquiète. Ce qui se passe au Maroc n’est pas encore arrivé ici, où les alertes, nombreuses, mettent tellement de temps à aboutir à une procédure ! En revanche, je constate que les femmes ne peuvent rien faire contre leurs agresseurs. Même quand elles le dénoncent, il reste. Nicolas Hulot, tout se passe bien pour lui. PPDA aussi et, pourtant, c’est enquêté, dénoncé. C’est ça, la réalité.

Les médias jouent un rôle extrêmement important dans la divulgation de ces affaires. Certains parlent de « tribunal médiatique ». Qu’en pensez-vous ?

A. C. : Pourquoi est-ce toujours dans le cas d’agressions sexuelles que l’on parle de tribunal médiatique ? Sur le Watergate, deux journalistes font tomber le président des États-Unis et on s’est enthousiasmé. Sur les agressions sexuelles, il y a une suspicion. Comme si ça n’était pas aux enquêtes journalistiques de faire ce boulot. Et de fait, en réalité, ce champ échappe aux médias. Dans les rédactions, les investigations se comptent en termes d’emplois à temps plein consacrés à tel ou tel sujet. Sur les violences sexistes et sexuelles, sur les violences policières ou les violences racistes, c’est encore très minime en comparaison de leur ampleur dans notre société.

A.C : « Dans ce prétendu État de droit, la majorité des femmes victimes de violence doit encore vivre avec leur agresseur ».

Parler sans cesse de tribunal médiatique décourage aussi certains journalistes. Pourtant, que des articles amènent des affaires à être traitées en justice, c’est l’histoire de la presse ! Parce qu’on sait que la justice et les enquêtes de police sur ces sujets-là, comme sur le racisme, sont défaillantes.

F. O. : Oui, mais les dernières affaires ne viennent pas d’enquête de journalistes. Cette dénonciation médiatique peut être un outil utilisé pour régler des comptes politiques. Cela m’inquiète. Je trouve qu’on a trop individualisé le combat féministe. On se retrouve face à des affaires d’individus par rapport auxquelles il faut se positionner.

F.O : « Je voudrais plutôt connaître ces femmes qui, parce qu’elles ont pris une gifle, ont été harcelées ou calomniées, n’ont pas pu faire la carrière qu’elles auraient dû faire ».

À la fois, cette injonction à l’empathie me gêne aussi. En quoi est-on intéressé par les perturbations subies par tel ou tel ex-futur patriarche de gauche ? On doit se sentir concerné par la petite carrière politique d’untel, troublée parce qu’il a mis une gifle, qu’il a harcelé ou s’est mal comporté. Moi, je m’en fous. Je voudrais plutôt connaître ces femmes qui, parce qu’elles ont pris une gifle, ont été harcelées ou calomniées, n’ont pas pu faire la carrière qu’elles auraient dû faire.

Toutes les deux, vous refusez de critiquer des personnes issues des minorités, quel que soit leur discours. Pourquoi ?

A. C. : À chaque fois que j’ai dénoncé les pratiques d’une autre femme, cela a déclenché une avalanche de sexisme. Comme si c’était moi qui l’avais permise. Je ne veux plus participer à ça. Ce qui m’intéresse, c’est d’aller pointer les choses que personne n’ose dire. Car il y aura toujours quelqu’un pour attaquer les minorités. Il n’y a qu’à voir comment Mediapart enquête sur le harcèlement moral à l’Assemblée nationale. Sur qui ça tombe en premier ? Laetitia Avia et Esther Benbassa, deux femmes racisées. Ce n’est pas un hasard et ça s’explique journalistiquement. On sait très bien que les gens ont beaucoup moins peur de donner des informations quand il s’agit de femmes et de personnes racisées. Si tu fais du journalisme responsable, tu es conscient de ce biais et tu attends d’avoir suffisamment de mis en cause pour publier une enquête avec une dizaine de personnes.

F. O. (s’adressant à A. C.) : Mais critiquer Mediapart ne te dérange pas ?

A. C. : Je l’ai dit aux journalistes en question, mais je ne l’avais pas fait publiquement. Je le fais aujourd’hui, chez Politis, parce que j’ai l’espace pour décortiquer. Je ne l’aurais jamais fait dans un autre média. Mediapart est l’un des lieux d’information les plus pertinents du moment. Je ne leur reproche pas d’avoir attaqué les pratiques de Laetitia Avia ou d’Esther Benbassa, je critique les conditions dans lesquelles de telles enquêtes ont été produites.

Photo : Maxime Sirvins.

Que pensez-vous des conditions dans lesquelles l’enquête de Mediapart sur le comité pour Adama Traoré a été produite ?

F. O. : Ce que j’ai trouvé insupportable, c’est d’avoir mis la tête d’Assa Traoré pour illustrer l’enquête. Il y a eu un débat au sein du Comité Adama sur la durée de l’exclusion de la personne accusée de violence, et les conditions de son retour – puisque cette personne est finalement revenue dans l’organisation, et même dans l’entourage proche. C’est difficile d’avoir une position claire. En revanche, je ne comprends pas la différence de traitement. Quand Angèle a été attaquée par l’extrême droite qui lui reprochait de chanter « Balance ton quoi » alors que son frère était accusé d’agression sexuelle et qu’elle ne s’en était pas désolidarisée, nous l’avons collectivement défendue. Idem pour Clémentine Autain, Mathilde Panot ou Sandrine Rousseau, qui ne sont pas responsables des agressions qu’elles n’ont pas commises. Pourquoi personne n’a défendu Assa Traoré ? C’est raciste.

Vous pensez que cette différence de traitement impacte la réception de la cause féministe dans les quartiers populaires ?

F. O. : Énormément. Alors qu’on se remet à peine du mouvement Ni putes ni soumises qui a eu tendance à stigmatiser les Noirs et les Arabes comme étant les seuls agresseurs… Dans les années 2000, le féminisme dans les quartiers était vécu comme une forme d’instrumentalisation pour fustiger les habitants. Depuis, beaucoup de discussions, certaines très vives, ont eu lieu pour dissiper les malentendus.

L’extrême droite récupère des concepts féministes pour en faire un fer de lance. Comment fait-on pour les contrer ?

F. O. : L’extrême droite ne nous a pas attendues pour se positionner sur le féminisme, comme sur l’écologie. Le supplément de haine qui lui permet de prendre le pouvoir, comme en Italie, ce sont les discours anti-migrants et anti-musulmans à l’aune du féminisme. L’urgence, selon moi, est de faire émerger de puissantes organisations autonomes, féministes et antiracistes. Ce combat ne peut pas se faire dans les partis politiques, parce qu’ils instrumentalisent ces questions pour des raisons électorales. C’est leur travail. Mais ils tuent ces luttes. Résultat : la France est l’un des rares pays en Europe où il n’y a plus d’organisation antiraciste puissante qui fait pression sur les partis de gauche. Ils n’ont ainsi aucun compte à rendre sur leur ligne antiraciste.

A. C. : Lorsque j’étais à Belgrade pour la Marche des fiertés européennes, la Première ministre hongroise s’est jointe à nous. Elle est ouvertement lesbienne, mais aussi libérale et soutient la politique raciste de son gouvernement. Dans des pays aussi sexistes que l’Italie, la première femme qui arrive au pouvoir est d’extrême droite. En France, c’est aussi une femme qui se positionne sur ce segment. Tout ça n’est pas anodin. Le mouvement féministe a son mot à dire dans les changements de régime parce qu’il englobe tous les autres sujets. Mais la gauche française ne comprend pas l’antiracisme. Elle n’est pas encore arrivée à l’assimiler.

F. O. : C’est typiquement parce qu’il n’y a plus d’antiracisme à gauche ! L’extrême droite tient des propos islamophobes sous couvert de féminisme et on ne retient que les propos féministes. Leur parole est puissante parce qu’ils utilisent des leviers qui portent des imaginaires très forts. On le voit sur le voile en Iran. Moi, je suis musulmane et je suis contre le fait d’imposer quelque vêtement que ce soit, y compris le foulard.

A.C. : « Nous avons besoin de réaffirmer autre chose que ce modèle patriarcal qui produit sa dose de malheur, d’oppression et de non-attention totale à l’autre. »

Ce n’est pas compliqué d’avoir en France une position claire sur les principes de libertés fondamentales que sont la liberté de culte, de conscience, mais aussi de se vêtir comme on veut. Mais non, on est sur la défensive. On bégaye devant une extrême droite sûre d’elle, offensive, qui s’attache au moindre détail. Une extrême droite qui se donne les moyens de la confrontation. Pas nous. Notre incapacité à créer de véritables rapports de force me fait peur.

L’un des rapports de force que vous mobilisez toutes les deux concerne la politisation des mères, puisque vous luttez aussi, Alice Coffin, pour l’accès à la PMA pour toutes. La maternité est un pont intersectionnel ?

A. C. : À quoi renvoie le patriarcat ? À la figure du père. J’appartiens à un groupe appelé « Lesbiennes d’intérêt général » pour développer, justement, des modèles alternatifs à la notion de patriarche et, par extension, de père de la nation. Nous avons besoin de réaffirmer autre chose que ce modèle qui produit sa dose de malheur, d’oppression et de non-attention totale à l’autre.

F. O. : J’ai toujours dit que les lesbiennes pouvaient énormément apporter sur la question de la maternité comme levier politique de transformation sociale. Il peut y avoir une très grande puissance de parler de « nos enfants », pas que dans une perspective biologique, par exemple. Dans une lecture écologiste, nos enfants sont les générations futures. Politiser le rôle des mères revient à affirmer que nous ne sommes pas là pour reproduire la société telle qu’elle existe. On utilise la parentalité pour faire autre chose. Comment éduquer autrement nos enfants ? Pour moi, il est urgent de répondre à cette question car, en face, les mouvements de mères réactionnaires, dans la Manif pour tous notamment, montent en puissance. Si on ne gagne pas ce terrain-là, on va être prises de vitesse.

Mais les féministes des années 1970 voulaient sortir de la maternité comme destin assigné aux femmes. La maternité a-t-elle été un angle mort du féminisme ?

F. O. : On ne le rappelle jamais, mais les mères comme sujets politiques ont toujours existé. Pourtant, on pense que les femmes en tant que mères ne se sont jamais mobilisées. Comme si on le cautionnait. Les Folles de la place Vendôme datent de 1984 ! [NDLR : À la manière des Folles de la place de mai, en Argentine, des mères des quartiers populaires s’étaient réunies devant le ministère de la Justice à Paris pour dénoncer les crimes racistes commis par la police.] Cette forme d’invisibilisation repose aussi sur une vision raciste de ces femmes traversées par des rapports sociaux de domination fondées sur la race, la classe et le genre. Les mères subsahariennes et maghrébines sont souvent rabaissées à un statut animal – des « lapines » qui font trop d’enfants, pour la religion ou les allocations. Y compris dans nos milieux progressistes, faire des enfants, ce n’est pas aussi récompensé qu’écrire des livres.

Photo : Maxime Sirvins.

Me Too a rendu visible une sorte de « communauté de victimes » d’une même oppression. Ce statut est-il un outil d’émancipation ou de domination car trop enfermant ?

A. C. : Cinq ans ont passé depuis MeToo et, un jour, je me suis dit : « Mais moi, je n’ai pas dit “Me too”. » J’ai du mal à prononcer le mot « victime ». Sûrement à cause de la charge qu’il comporte. Je préfère parler de combattante. Mais l’étape qui consiste à se dire victime est importante car on prend conscience de la gravité des gestes que l’on a subis. Cela dit, je réfléchis toujours à qui va recevoir ce discours-là. J’essaie de me donner à moi-même une sorte d’éthique de la réception.

F. O. : Les femmes politiques hésitent beaucoup à se dire victimes car, disent-elles, en entrant dans un parti, la moindre faille est utilisée pour les disqualifier. Il faut faire « bonhomme ». Mais j’aimerais reprendre l’exemple d’Assa Traoré. Elle n’est jamais considérée comme victime – bien que son frère soit mort et qu’il n’y ait toujours pas de procès. Comme si elle était extraite de sa condition de femme. De manière générale, les femmes racisées ne sont pas perçues comme des victimes.

F.O. : « Le problème de la démocratie en France, ce n’est pas l’accès des hommes blancs CSP+ aux postes de pouvoir. C’est celui des minorités. »

A. C. : D’autant que Nicolas Hulot, Damien Abad, Julien Bayou – quoi qu’il se soit passé dans les faits – n’ont aucun problème à se revendiquer comme victimes. Ils n’ont aucune gêne à employer ce terme. Et ça marche beaucoup auprès de l’opinion publique.

F. O. : Bien sûr. Alors que leur petite personne, on s’en tape. Des comme eux, il y en a 15 000 derrière. Le problème de la démocratie en France, ce n’est pas l’accès des hommes blancs CSP+ aux postes de pouvoir. C’est celui des minorités.

Dans ce cas-là, les hommes blancs peuvent-ils être des alliés ?

F. O. : Je ne me situe pas politiquement en fonction de la catégorie sociale, raciale ou le genre de l’individu que j’ai en face de moi. Tout dépend du projet politique qu’il porte et de la cohérence avec ses actions. Des personnes non blanches portent des valeurs dégueulasses et sont les premières à te poignarder.

F.O. : « Les alliés hommes blancs, CSP+ qui ont lu nos livres, citent nos auteurs, disent qu’ils font le ménage, mais gardent le pouvoir… C’est la douille du siècle ! »

Mais, surtout, il y a aussi cette notion de « performance de la déconstruction ». Les fameux « alliés », autodésignés, qui sont ces hommes blancs, CSP +. Eux ont lu nos livres, citent nos auteurs, disent qu’ils font le ménage, mais ils gardent le pouvoir. C’est la douille du siècle. Ce qui compte pour moi, c’est la lutte. Qui sera là à 6 heures, au piquet de grève ? C’est là où l’on constate qu’il n’y a pas beaucoup d’hommes blancs. Mais il y en a ! Le discours qui consiste à dire : « Je ne milite pas avec toi parce que tu es blanc » ne fonctionne pas dans les quartiers populaires. Ces catégories figent les gens et en excluent d’autres, comme les personnes métisses, par exemple.

A. C. : Je suis d’accord. Le plus important, c’est d’être présent. Après, franchement, on est souvent entre meufs (rires). Mais la porte est ouverte ! La première Marche des fiertés en Guadeloupe était non exclusive et, pourtant, seules quatre femmes étaient présentes. Il y a la question de la présence, mais aussi celle de qui tiendra le récit. Les alliés sont présents dans nos actions, sont souvent ceux qui vont courir devant les caméras pour nous représenter. L’enjeu, c’est aussi : qui prend la parole ? Qui sera dans les livres d’histoire ?


(1) Fruits de la colère, embras(s)er nos débordements, coécrit avec Pauline Harmange, Lucille Bellan, Douce Dibondo et Daria Marx, Hachette Pratique.

(2) Conseiller de Paris démissionnaire de la majorité municipale après des accusations d’abus sexuel et pour ses liens étroits avec l’écrivain pédophile Gabriel Matzneff.

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