Le TGV Lyon-Turin n’est plus sûr de voir le bout du tunnel

Devant la menace sur les ressources en eau, la mobilisation contre la ligne creusée sous les Alpes s’est considérablement renforcée, compromettant la poursuite du projet.

Éliane Patriarca  • 10 octobre 2022 abonné·es
Le TGV Lyon-Turin n’est plus sûr de voir le bout du tunnel
© Photo : LOIC VENANCE / AFP.

Le Lyon-Turin risque-t-il de sombrer pour une histoire d’eau ? En quelques mois, l’opposition à ce grand projet, jusque-là relativement inaudible en France, s’est amplifiée comme jamais. Au cœur de ce basculement : la menace sur les ressources en eau que fait peser la construction de la section de base de cette ligne ferroviaire fret et voyageurs, un tunnel de 57,5 kilomètres sous les Alpes.

C’est l’association Vivre et agir en Maurienne (VAM) qui a lancé l’alerte en novembre 2021 : selon elle, la poursuite des travaux porterait atteinte de manière irréversible aux réserves en eau du massif alpin, déjà gravement affectées par le réchauffement climatique.

Un sujet hypersensible qui, après cet été d’incendies, de canicules et de sécheresses, mobilise désormais bien au-delà des opposants traditionnels au projet. Greenpeace et France nature environnement ont rejoint Les Amis de la Terre, Attac, SUD-Rail et la Confédération paysanne.

En un mois, la situation a plus avancé qu’en dix ans de combat.

Du côté des partis politiques, La France insoumise (LFI) s’active aux côtés d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) ; sur le terrain, des maires et des habitants des départements concernés se regroupent en collectifs… Enfin, le député du Rhône Gabriel Amard (LFI-Nupes) a déposé, le 5 septembre à l’Assemblée, une résolution demandant l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur le « non-respect des lois sur l’eau dans le projet Lyon-Turin ».

À Villarodin-Bourget (Savoie), petit village de montagne perché à quelques kilomètres en amont de Modane, Philippe Delhomme, le coprésident de VAM, n’en revient pas : « En un mois, la situation a plus avancé qu’en dix ans de combat » contre cette infrastructure décidée au début des années 1990. « Les lignes sont en train de bouger : nous sommes enfin écoutés, et des maires des communes de Savoie et d’Isère osent parler. Les sécheresses à répétition nous ont aidés car les Français ont pris conscience que l’eau n’est pas une ressource infinie, et que l’on pourrait bientôt en manquer. »

Philippe Delhomme, de

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Écologie
Temps de lecture : 11 minutes