« Habibi, les révolutions de l’amour » : 100 % queer

L’exposition met en lumière la communauté LGBTQIA+ du monde arabo-musulman à travers un bel ensemble d’œuvres éclectiques, au croisement de l’intime et du politique.

Jérôme Provençal  • 4 janvier 2023 abonné·es
« Habibi, les révolutions de l’amour » : 100 % queer
Aïcha Snoussi, « Sépulture aux noyé.e.s », 2021 (Béton cellulaire, bouteilles en verre, eau, papier, encres à base d’alcool et de laine noire calcinée, éléments organiques, 2,5m de haut et 3m15 de diamètre). (c)
© Aïcha Snoussi / galerie La La Lande. Photo : Marc Domage.

Depuis quelques années, participant d’un mouvement global de remise en question du modèle hétéro-patriarcal, les communautés LGBTQIA+ tendent à s’affirmer de plus en plus à travers la planète, mais leur situation demeure très fragile, sinon précaire. Au sein de l’espace arabo-musulman, où l’homosexualité est encore considérée dans certains pays comme un délit voire un crime (parfois passible de mort, comme en Iran), le chemin menant à une pleine acceptation sociale paraît ainsi bien long…

Face à l’obscurantisme, « Habibi, les révolutions de l’amour  » oppose un contre-feu salutaire en apportant un éclairage précieux sur la représentation des minorités sexuelles et de genre dans la création contemporaine de culture arabe.

Proposée par l’Institut du monde arabe (IMA), à Paris, l’exposition a été conçue par Élodie Bouffard, responsable des expositions à l’IMA, avec Khalid Abdel-Hadi, directeur éditorial de My.Kali (webzine jordanien bilingue arabe et anglais, dédié à la culture queer), et Nada Majdoub, commissaire associée.

Constellation hors-normes

Une vingtaine d’artistes qui appartiennent à la communauté LGBTQIA+ ou en sont très proches y figurent. D’une grande diversité au niveau des formes d’expression (peinture, photographie, vidéo, installation ou encore dessin), leurs œuvres jouent à plaisir avec les genres et les codes (occidentaux ou orientaux), le tout composant une très stimulante constellation hors normes.

Le regard est d’abord happé par les tableaux de l’artiste iranien Alireza Shojaian (installé en France depuis 2019), portraits d’hommes nus ou peu vêtus, empreints d’une grande douceur attentionnée, parfois teintés d’une légère féerie.

Alireza Shojaian, « Sous le ciel de Shiraz, Arthur » (2010)(Photo : DR).

Non loin se dresse la Sépulture aux noyé·es, de l’artiste tunisienne Aïcha Snoussi. Haute pyramide faite de bouteilles de verre contenant des papiers

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Exposition
Temps de lecture : 5 minutes