« Assemblée représentative » : la direction de LFI donne le cap
Samedi 17 juin, La France insoumise tenait son deuxième grand rendez-vous entre militants et cadres du mouvement. Au programme : bilans, débats et élaboration des orientations pour les prochains mois. Malgré la sérénité affichée, des tiraillements internes persistent.
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© Bertrand GUAY / AFP.
Intelligence collective, travail et perspectives : tels étaient les mots d’ordre à La Bellevilloise, le 17 juin à Paris, où une centaine de militant·es insoumis·es tiré·es au sort sont venu·es de toute la France pour participer à la deuxième assemblée représentative de La France insoumise. L’objectif : faire échanger la base militante et la direction du mouvement.Pour Leïla, animatrice d’un groupe d’action dans l’Aveyron, c’était surtout le moment d’« enrichir le squelette du mouvement avec les perceptions de chacun en fonction des réalités locales ».
Nous n’avons plus le rapport de force nécessaire pour bloquer le pays.
Mais aussi de tirer le bilan de la séquence de la bataille contre la réforme des retraites : « La stratégie du bruit a fonctionné », fait valoir le député de l’Essonne Antoine Léaument, pour qui, sans les insoumis, « les casserolades n’auraient trouvé aucun écho » dans l’Hémicycle. Proche de Clémentine Autain et absent le 17 juin, Hendrik Davi se félicite d’avoir « gagné la bataille des idées », mais regrette que la Nupes ait échoué à faire abandonner sa réforme à Emmanuel Macron. « Nous n’avons plus le rapport de force nécessaire pour bloquer le pays, mais c’est le niveau qu’exige le rapport de Macron à la politique, analyse le député des Bouches-du-Rhône. On perd la tête haute. »
Dresser un état des lieux après des mois de contestation, c’était l’une des vocations du texte « Contre Macron et son monde, vite une majorité populaire », étudié par l’assemblée représentative. « Il se donne comme objectif de continuer et d’amplifier notre revendication de la retraite à 60 ans », rapporte la députée de Paris Danièle Obono. Le texte apporte d’autres orientations, comme la bataille contre la vie chère que mèneront les députés LFI dès la rentrée, et la campagne contre la sécheresse par le « plan eau » pensé par le mouvement. Au gré des discussions, ce texte s’est doté d’un nouvel axe fort : la lutte contre l’extrême droite. « Nous voulons être à l’offensive par la veille des insoumis·es grâce à des tracts et d’autres documents pour en faire une bataille de l’ensemble du mouvement », détaille Danièle Obono.
La Nupes à l’épreuve des européennesAutre grande question de la journée, celle de l’avenir de la Nupes. Ou plutôt du plan à établir pour prolonger l’union de la gauche, à commencer par la constitution d’une liste commune pour les élections européennes prévues en 2024. « La Nupes est un bien précieux à préserver et à renforcer. Pour être crédible, il faut se présenter ensemble », plaide la tête de liste insoumise et députée européenne Manon Aubry. Mais LFI a déjà essuyé plusieurs refus de la part de Marine Tondelier, la secrétaire nationale d’EELV. Alors un deuxième texte, préparé par la direction et enrichi par les participants de l’assemblée représentative, « Approfondir la Nupes pour la faire gagner », est soumis au vote en ligne des militants LFI jusqu’au 28 juin. Il s’agit en substance de fixer un cap pour l’union et d’asseoir la position des insoumis·es. Une manière de faire pression sur les plus réticents à une liste commune ?
« L’appel ne vise pas à mettre en difficulté telle ou telle organisation », se défend le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, qui assure :
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