Contre l’A69, des citoyens ont un itinéraire bis

Mobilités douces, agroécologie, préservation de la biodiversité, création d’emplois pérennes : les opposants à la future autoroute Castres-Toulouse révèlent leur projet alternatif pour leur territoire.

Vanina Delmas  • 13 septembre 2023 abonné·es
Contre l’A69, des citoyens ont un itinéraire bis
Les platanes qui bordent cette route, à Vendine, sont menacés par le projet de construction de la nouvelle autoroute.
© Frederic Scheiber / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Le 1er septembre, à la première heure, les forces de l’ordre sont arrivées en masse à Vendine (Haute-Garonne), sur le chantier de l’A69, afin de permettre l’abattage d’arbres parfois centenaires. Cette date marquait la fin de la période de protection des nids d’oiseaux. Les opposant·es au projet autoroutier se sont à nouveau mobilisés : douze vaillants « écureuils » ont décidé de grimper dans les branches pour défendre les autres arbres encore debout, et deux personnes, dont Thomas Brail, porte-parole du Groupe national de surveillance des arbres, ont lancé une grève de la faim.

Même si le chantier porté par l’entreprise Atosca a démarré en mars dernier, des citoyens, des habitants et des élus locaux continuent de résister sur le terrain et dans les tribunaux, et tentent d’imposer leur vision de la société dans le débat public. Depuis plusieurs mois, une partie du collectif La Voie est libre a discrètement planché sur un projet alternatif très étoffé, simplement nommé : « Une autre voie ». Karim Lahiani, un paysagiste-urbaniste qui a grandi sur ce territoire, les a accompagnés dans cette démarche constructive. « Quand j’ai pris connaissance du fond du projet de l’A69, il est devenu évident que c’était une caricature de tout ce qu’il ne fallait plus faire, un projet plus du tout en résonance avec notre époque. Il fait 43 °C à Toulouse et on abat des platanes centenaires pour un projet qui ne servira que des intérêts privés. »

La base de sa réflexion repose sur le foncier. Il s’est souvenu de l’expérience de Notre-Dame-des-Landes et que, lors de l’abandon du projet par l’État, les habitant·es de la ZAD et du bocage n’avaient pas vraiment de plan B pour les terres redevenues disponibles. Il s’est alors demandé ce qu’il faudrait

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Écologie
Publié dans le dossier
L'A69 jugée illégale
Temps de lecture : 6 minutes

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