« La Source des fantômes » : la douleur de quitter son pays

Yamina Benahmed Daho raconte l’exil de ses parents, Algériens installés en Vendée dans les années 1960. Et défend la dimension politique de tout récit intime. 

Lucas Sarafian  • 22 novembre 2023 abonné·es
« La Source des fantômes » : la douleur de quitter son pays
© JOËL SAGET / AFP

Comment écrire sur un silence ? Yamina Ben­ahmed Daho replonge dans les non-dits de sa famille. La Source des fantômes, le cinquième roman de l’autrice, raconte ce « trouble » engendré par le refus de ses parents de lui transmettre son passé familial. Son père, harki, a choisi la ­Vendée pour s’installer avec sa femme, puis les trois enfants qui y viendront au monde, après l’indépendance de l’Algérie en 1962. Jamais il n’a évoqué la guerre qu’il a vécue. À hauteur de l’enfant qu’elle était, Yamina Benahmed Daho, née en 1979, brosse le portrait de ce père lumineux mais hanté par le souvenir de l’horreur.

Elle révèle alors toute la souffrance et la honte d’un homme qui a quitté son pays natal et qui ne peut plus y retourner. En toile de fond, l’autrice peint également l’effritement des promesses des années 1980 provoqué par l’essor du capitalisme financier et la succession de ces « tragédies économiques » telles que la fermeture d’une usine qui a affecté de nombreuses vies dans la ville de Fontayne (en référence à Fontenay-le-Comte).

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Littérature
Temps de lecture : 8 minutes