Wilders et le marchepied médiatique

La victoire surprise de Geert Wilders aux élections législatives néerlandaises anticipées du 22 novembre doit-elle quelque chose aux médias ? D’après des chercheur·es et des journalistes, le populiste d’extrême droite a été dépeint comme « adouci » avant le scrutin. Alors que son programme islamophobe n’avait presque pas changé.

Loris Guémart  • 6 décembre 2023 abonné·es
Wilders et le marchepied médiatique
Geert Wilders à Bruxelles en novembre 2017, après que le maire de Molenbeek lui a interdit la visite de sa ville.
© EMMANUEL DUNAND / AFP

En partenariat avec Arrêts sur image.

Le leader politique d’extrême droite hollandais Geert Wilders espérait ça depuis vingt-cinq ans. Sa formation, le Parti pour la liberté (PVV), est arrivée en tête des élections législatives ce 22 novembre, après une campagne dominée par des débats autour de l’immigration. Pour les médias hollandais, l’heure n’est cependant pas vraiment à l’introspection. Le discours journalistique post-électoral majoritaire consiste en effet à dépeindre la future coalition menée par le PVV comme étant de « centre-droit » ou « de droite ». Bref, business as usual dans les services politiques, déplore auprès d’ASI le journaliste hollandais Jonathan Maas, comme il l’a aussi fait dans une tribune publiée par le site spécialiste des médias Villamedia. « La “presse de référence” lutte visiblement pour savoir comment qualifier Geert Wilders et son parti, critique-t-il. Selon moi, l’appeler seulement “de droite” est fou. Il est radical et d’extrême droite, et il faut le qualifier ainsi. »

Sur le plan médiatique, la campagne électorale a longtemps été dominée par un nouveau parti de centre droit, New Social Contract, lui-même issu d’une scission avec le parti chrétien-démocrate CDA. Jusqu’à ce que Geert Wilders parvienne à récolter les graines semées quelques mois plus tôt

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Giorgia Meloni joue une partie de son mandat sur un référendum constitutionnel
Analyse 20 mars 2026 abonné·es

Giorgia Meloni joue une partie de son mandat sur un référendum constitutionnel

Ces 22 et 23 mars, l’Italie vote une réforme constitutionnelle pour la séparation des carrières des magistrats. En cas de majorité du « oui », l’exécutif réussirait à faire passer l’un de ses trois grands chantiers de réformes institutionnelles, avec l’autonomie des régions et l’élection directe du premier ministre.
Par Giovanni Simone
Devant la justice, le calvaire des femmes yézidies, victimes longtemps oubliées des djihadistes français
Justice 20 mars 2026 abonné·es

Devant la justice, le calvaire des femmes yézidies, victimes longtemps oubliées des djihadistes français

Jamais une cour d’assises ne s’était attardée sur les crimes sexuels perpétrés en Syrie par des Français. Pour la première fois l’un d’eux a été jugé pour génocide et crimes contre l’humanité à l’encontre des Yézidis. Seul et unique accusé : Sabri Essid, présumé mort en zone irako-syrienne. Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
Par Céline Martelet
Les champs volés de la bande de Gaza
Reportage 20 mars 2026 abonné·es

Les champs volés de la bande de Gaza

Depuis le cessez-le-feu signé en octobre 2025, au moins 53 % de l’enclave palestinienne est occupée par Israël. Un contrôle territorial instauré par le plan Trump et validé par l’ONU. C’est pourtant dans ces zones occupées que se trouvent les terres les plus fertiles et donc vitales pour la population.
Par Céline Martelet et Shatha Abu Silaa
Les Émirats arabes unis, vitrine autoritaire d’un rêve néolibéral
Reportage 19 mars 2026 abonné·es

Les Émirats arabes unis, vitrine autoritaire d’un rêve néolibéral

Hypermodernité, marketing d’État, nationalisme scénarisé et gestion hiérarchisée de l’immigration : Abu Dhabi a bâti un modèle stable et attractif. Derrière la réussite économique, se dessine un compromis social inégalitaire qui séduit une partie des élites occidentales tout en neutralisant la contestation politique.  
Par Rémi Guyot