« L’anti-intellectualisme attaque l’université en tant que contre-pouvoir »
Dans son dernier ouvrage, le sociologue Éric Fassin s’intéresse à la montée de l’anti-intellectualisme. Pour lui, cette tendance est le marqueur d’un régime illibéral, auquel la France d’Emmanuel Macron n’échappe pas.

Dans son dernier ouvrage, intitulé State anti-intellectualism and the Politics of Gender and Race : Illiberal France and beyond, le sociologue Éric Fassin s’intéresse à la montée de l’anti-intellectualisme. Pour lui, cette tendance, qui se traduit par les attaques récentes des politiques à l’égard du champ universitaire, est un marqueur d’un régime illibéral.
Pourquoi existe-t-il un anti-intellectualisme ambiant en Europe aujourd’hui ?
L’anti-intellectualisme dont je parle n’est pas un trait culturel, lié par exemple à l’histoire des États-Unis, qui a moins valorisé les intellectuels. C’est un anti-intellectualisme d’État. Il s’agit donc d’une logique politique portée par des gouvernants. On l’a vu avec les attaques contre la – supposée – « théorie du genre » : ce sont les études de genre qui sont visées, dès le début des années 2010, en France, mais aussi plus largement en Europe, et en Amérique latine.
Quelques années plus tard, aux États-Unis, les Républicains s’en prennent aux études critiques sur la race ; en France, le président dénonce l’intersectionnalité. Il ne s’agit donc pas seulement de la France ; mais la France, malgré sa tradition intellectuelle, ne fait pas exception non plus. Il y a
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