Raphaël Glucksmann rêve de « chambouler la scène politique française et changer la donne »

La tête de liste du Parti socialiste et de Place publique tente d’incarner une alternative à l’extrême droite. Et ne cache plus ses ambitions post-européennes.

Lucas Sarafian  • 31 mai 2024 abonné·es
Raphaël Glucksmann rêve de « chambouler la scène politique française et changer la donne »
"Personne ne nous avait crus capables de chambouler les grands stratèges de l’Élysée." Raphaël Glucksmann au Zénith de Paris, le 30 mai 2024.
© Maxime Sirvins

En 2024, au Zénith de Paris, il est prévu Kalash Criminel, Naps, Alice Cooper, Deep Purple et… Raphaël Glucksmann. En effet, à l’affiche ce jeudi 30 mai au soir, c’est la tête de liste du Parti socialiste et Place publique qui doit remplir et chauffer cette salle pouvant accueillir 7 000 personnes. Le pari est risqué. Et le défi grand : créer un électrochoc politique dans le dernier quart d’heure de cette campagne électorale, un coup d’accélérateur suffisant pour doubler la tête de liste Renaissance, Valérie Hayer, et se hisser en deuxième position derrière la liste du Rassemblement national (RN) menée par Jordan Bardella.

La salle de concert mythique du 19e arrondissement de la capitale n'est pas complètement remplie. La soirée commence par une petite séance d’éloges adressée à la tête de liste Raphaël Glucksmann et émise par la maire de Paris, Anne Hidalgo qui voit en « Raphaël », le « seul candidat qui croit en l’Europe et qui fait une campagne européenne ». Après avoir cité Jean Jaurès et le penseur écosocialiste André Gorz, la candidate du PS à la présidentielle de 2022 (1,74 %) perçoit Glucksmann comme « le seul vote utile et nécessaire pour contrer la montée de l’extrême droite ». Le ton est donné.

La maire de Paris est venue ouvrir le bal, en déclarant que Raphaël Glucksmann est "le seul candidat qui croit en l’Europe et qui fait une campagne européenne". (Photos : Maxime Sirvins.) "Barrage" contre l'extrême droite

Car la liste d’alliance entre le Parti socialiste et Place publique, créditée entre 12 et 14,5 % (au plus haut) selon les sondages, tente de s’imposer en « barrage » face aux nationalistes d'extrême droite. Les prises de parole s’enchaînent : Emma Rafowicz, présidente des Jeunes socialistes, Matthias Ecke, l'eurodéputé socialiste agressé à Dresde par des hommes liés à l’extrême droite alors qu’il collait des affiches pour les européennes, Nicolas Schmit, commissaire européen à l’emploi et aux droits sociaux et candidat à la présidence de la Commission européenne. Tous attaquent l'extrême droite de façon plutôt offensive. Dans la salle, on crie « la jeunesse emmerde le Front national ! ».

C’est à nous de porter la grande confrontation avec l’extrême droite. Pas dans trois ans, mais maintenant.

O. Faure

L’eurodéputée Place publique Aurore Lalucq s'attelle à décortiquer sur scène le bilan du RN au Parlement européen qui a voté contre le Smic européen et qui tente de « mettre un stop » au Green Deal. « Le bilan du RN, c’est protéines, cantine, piscine, Poutine. » Avant de citer La Promesse de l’aube de Romain Gary, la coprésidente de Place publique pointe « ce duel devenu duo entre Renaissance et le Rassemblement national » et l’assure : « Il y a une place pour une gauche proeuropéenne, écologique, démocratique, une gauche qui n’est pas dans l’outrance. »

Dans une salle du Zénith qui n'a pas fait le plein, Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a pris la parole. "C’est à nous de porter la grande confrontation avec l’extrême droite. Pas dans trois ans, mais maintenant". (Photo : Maxime Sirvins.)

Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, continue sur cette lancée : « Imaginez un seul instant un monde où les États-Unis seraient à nouveau présidés par Trump, le continent sud-américain sous l'influence de Javier Milei en Argentine, Poutine régnant en maître sur la Russie, Erdogan se rêvant en nouveau sultan ottoman. » « C’est à nous de porter la grande confrontation avec l’extrême droite. Pas dans trois ans, mais maintenant », lance-t-il. Contre Jordan Bardella et Marion Maréchal, la tête de liste de Reconquête, qui « défendent une guerre de civilisations », le rose souhaite une Europe « puissante » pour « protéger », « pour la transition écologique », « pour une odyssée industrielle nouvelle ». Pas une seule pique adressée aux autres forces de gauche.

Arrivée de Raphaël Glucksmann. "Nous avons fait naître une espérance" estime la tête de liste PS - Place publique aux européennes. (Photos : Maxime Sirvins.)

20 h 48. Entrée en majesté de Raphaël Glucksmann sur « We are your Friends » de Justice et Simian.

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Politique
Temps de lecture : 11 minutes

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