La lente agonie du nord de la bande de Gaza

Après neuf mois de guerre, les habitants de ce mince territoire survivent quasiment sans aide humanitaire, sans hôpital, terrorisés par les attaques terrestres et aériennes de l’armée israélienne. Dans ce réduit de quelques kilomètres carrés, 300 000 personnes sont toujours piégées, selon l’ONU.

Céline Martelet  et  Ayman Mghames  • 16 juillet 2024 abonné·es
La lente agonie du nord de la bande de Gaza
Les habitants de Gaza nord reviennent vivre, ou plutôt survivre, dans leurs maisons détruites.
© Eyad BABA / AFP

"Nous voulons seulement que cette guerre s’arrête. Juste dormir une heure sans être terrorisés. » Ce message est le dernier que nous envoie Mahmoud Khader. Un appel à l’aide juste avant que la connexion internet ne soit coupée une fois encore. Le Palestinien âgé de 31 ans vit dans les décombres de sa maison à Jabaliya, tout près de la barrière de séparation avec Israël, à l’extrême nord de la bande de Gaza. Avec sa famille, il est revenu s’installer chez lui après avoir vécu dans plusieurs camps de déplacés.

Nous sommes comme des poulets d’élevage dans une cage, on attend notre tour pour être massacrés.

M. Khader

« Pour être honnête, je ne sais plus combien de fois on a dû fuir depuis le début de la guerre. Une dizaine peut-être, assure le Gazaoui. Notre maison a été détruite par des tirs d’artillerie, mais on a réussi à déblayer une petite partie. On est vingt personnes à vivre là désormais. Nous sommes comme des poulets d’élevage dans une cage, on attend notre tour pour être massacrés. Je ne sais pas comment décrire autrement la situation. »

En avril 2024, la moitié des maisons, des immeubles et des bâtiments de l’enclave palestinienne étaient détruits, selon des images satellites analysées par des chercheurs de l’université de l’Oregon. Un chiffre qui dépasse les 75 % pour Gaza City, la grande ville située au nord de ce petit bout de terre qui était, avant la guerre, soumis à un blocus israélien depuis dix-sept ans. Une cité fantôme où les habitants, épuisés, errent à la recherche d’eau et de nourriture.

Pour Mahmoud Khader, c’est un calvaire quotidien. « Le pire, c’est pour l’eau : nous devons marcher longtemps pour obtenir de l’eau potable, explique le Palestinien joint via Facebook. Il n’y a ni légumes, ni fruits, ni viande, et ce que nous trouvons n’est pas suffisant pour les grandes familles comme la mienne. Nous nous

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

« Aux États-Unis, il y a une majorité de gauche qui existe déjà »
La Midinale 5 mars 2026

« Aux États-Unis, il y a une majorité de gauche qui existe déjà »

Tristan Cabello, historien spécialiste des États-Unis, maître de conférence à l’université John Hopkins et auteur de La victoire de Zohran Mamdani à New York. Un laboratoire pour la gauche (éditions Textuel), est l’invité de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien
Espagne : la gauche radicale cherche sa voie
Monde 4 mars 2026 abonné·es

Espagne : la gauche radicale cherche sa voie

Yolanda Díaz ne sera plus candidate à la présidence du gouvernement espagnol. L’actuelle vice-présidente, ministre du Travail et leader de la coalition Sumar l’a annoncé le 25 février, au milieu d’un vif débat sur la recomposition de la gauche de la gauche outre-Pyrénées.
Par Pablo Castaño
Trump et Netanyahou, un même mépris pour le peuple iranien
Analyse 3 mars 2026

Trump et Netanyahou, un même mépris pour le peuple iranien

Les deux dirigeants alliés dans leur attaque massive de l’Iran poursuivent en réalité des objectifs différents : négocier l’abandon du programme nucléaire et les prix du pétrole pour le président américain, tandis que le premier ministre israélien souhaite élargir l’hégémonie de son pays au Moyen-Orient.
Par Denis Sieffert
Au Liban, la communauté chiite forcée de subir une nouvelle guerre
Reportage 3 mars 2026 abonné·es

Au Liban, la communauté chiite forcée de subir une nouvelle guerre

Après des tirs de roquettes du Hezbollah sur Israël en soutien à la République islamique d’Iran, la riposte sanglante de l’armée de l’État hébreu contraint plus de 30 000 Libanais à de nouveaux déplacements.
Par Zeina Kovacs