Liban : le pari meurtrier et suicidaire d’une guerre totale

Pour poursuivre l’anéantissement de la population de Gaza et l’annexion de la Cisjordanie, Benjamin Netanyahou espère l’embrasement de la région, et envisage une nouvelle guerre contre le Liban. Au risque de milliers de morts dans ce pays mais aussi dans sa propre société.

Isabelle Avran  • 20 septembre 2024 abonné·es
Liban : le pari meurtrier et suicidaire d’une guerre totale
Frappe aérienne israélienne sur le village de Khiam, au sud du Liban, près de la frontière, le 19 septembre 2024.
© AFP

Une double série d’explosions simultanées : les 17 et 18 septembre, les bipeurs puis les talkie-walkie censés appartenir à des membres du Hezbollah ont explosé au Liban, au prix de plusieurs morts dont des enfants et de centaines de blessés, rendus aveugles ou ayant perdu leurs mains. Ces explosions ont provoqué de nombreux incendies, de maisons ou de commerces en particulier.

Les dirigeants israéliens se refusent à en reconnaître la responsabilité. Mais tous les regards se tournent évidemment vers Tel-Aviv. Et accusent : le piège depuis l’extérieur – a priori via une société écran en Hongrie de fabrication de batteries pour les bipeurs, selon certains journaux américains – de milliers d’appareils de communication privés touchant une population indiscriminée dans tout un pays n’est autre qu’un crime de guerre. Massif et inédit dans sa forme. Et Tel-Aviv a annoncé vouloir se lancer sur un nouveau front, au nord du pays.

Pour Benjamin Netanyahou, régionaliser la guerre lui permettrait de retarder son départ du gouvernement et les procès qui l’attendent...

En parvenant à piéger des milliers de bipeurs – qui ont remplacé les téléphones portables facilement géolocalisables –, et de talkies-walkies, Benjamin Netanyahou a voulu faire une démonstration de force, notamment technologique, après l’échec sécuritaire lui aussi inédit qui a abouti à l’opération meurtrière du Hamas et de ses alliés sur le sol israélien, réputé impénétrable le 7 octobre dernier, au prix de plus de mille morts, blessés, et de quelque 250 otages.

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Monde
Temps de lecture : 5 minutes

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