Chez ID Logistics, un « plan social déguisé » après le départ d’Amazon

Depuis plus de deux semaines, les salariés d’un entrepôt marseillais d’une filiale d’ID Logistics sont en grève. En cause, la fermeture de leur lieu de travail et l’imposition par l’employeur d’une mobilité à plus de 100 kilomètres, sous peine de licenciement pour faute grave.

Pierre Jequier-Zalc  • 29 octobre 2024 abonné·es
Chez ID Logistics, un « plan social déguisé » après le départ d’Amazon
© Arum Visuals / Unsplash

Les petites mains de l’e-commerce. Nichées dans un entrepôt du quinzième arrondissement de Marseille, elles préparent, à longueur de journée, des colis qui seront livrés dans toute l’agglomération et ses alentours. Près de 15 000 colis par jour, pour le compte d’Amazon et de Zara. Derrière ce chiffre, une quarantaine de salariés qui travaillent pour une filiale d’ID Logistics, ID Logistics Selective 3 (cette précision est importante pour la suite).

Le 10 septembre dernier, les salariés de ce site apprennent que leur entrepôt va fermer d’ici à la fin octobre. La justification de cette fermeture ? La rupture du contrat de prestation liant Amazon et ID Logistics sur ce site. Une nouvelle inattendue, qui arrive donc à peine un mois avant la fermeture définitive annoncée du site.

Une première violence pour les salariés qui se voient, rapidement, soumettre une proposition par la direction. Une mutation de force sur le site de Bollène, dans le Vaucluse, à plus de 130 kilomètres de leur lieu de travail actuel. En cas de refus, la direction notifie aux salariés qu’ils seront licenciés pour faute grave – et donc sans aucune indemnité. Une proposition aux airs, à peine camouflés, de chantage. « Rien n’a été respecté dans cette procédure, souffle Faiçal Chafai, secrétaire général de la CGT ID Logistics, normalement on a un CSE bien en amont, ce qui permet de trouver des solutions qui conviennent à tout le monde. Là, il n’y a rien eu de tout ça. »

Selon nos calculs, aller à Bollène tous les jours nous coûterait près de 1 000 euros par mois.

A. Regnault

Une proposition inacceptable pour les 47 salariés du site qui décident de se mettre en grève. « Il n’y a aucune aide pour les transports, rien. Vous imaginez ? Selon nos calculs, aller à Bollène tous les jours nous coûterait près de 1 000 euros par mois. Mais on est payé au Smic. Ça n’a aucun sens ! », s’indigne Alexandre Regnault, salarié du site depuis plus de deux ans et en grève depuis le 15 octobre.

La clause de mobilité en question

Pourtant, la direction ne bronche pas. Elle serait, selon elle, dans la légalité la plus totale. En effet, les contrats de travail de ses employés contiennent une « clause de

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