Les personnes LGBT+, premières victimes de violences sexuelles
Une enquête de l’Inserm montre que de plus en plus de personnes s’éloignent de la norme hétérosexuelle, mais que les personnes LGBT+ sont surexposées aux violences sexuelles et que la transidentité est mal acceptée socialement.

© Karollyne Videira Hubert / Unsplash
C’est une enquête qui était attendue, près de 20 ans après la dernière édition. Le 12 novembre 2024, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a dévoilé ce 21 novembre les premiers résultats de son enquête « Contexte des sexualités en France en 2023 ».
Menée par des sociologues, épidémiologistes et démographes de différentes institutions françaises, sur un échantillon de 31 518 personnes de 15 à 89 ans, cette recherche fait état des sexualités et de la santé sexuelle de la population française. Le volet « pluralité sexuelle et de genre » dresse un bilan inquiétant sur l’acceptation sociale et l’état de santé mentale dégradé des personnes LGBT+.
Une stigmatisation constante des personnes trans« Les personnes qui s’éloignent de la norme hétérosexuelle et les personnes trans souffrent d'une forme de sanction sociale via de nombreuses discriminations », explique la sociologue Nathalie Bajos, directrice de recherche à l’Inserm, qui a co piloté l’enquête. Les résultats montrent que la transidentité est mal acceptée socialement : seules 42 % des femmes et à peine 37 % des hommes considèrent que c’est une identité comme une autre.
On vit des discriminations tout au long de notre vie et nos morts ont été pendant trop longtemps invisibilisées.
M. Aum NekoParmi les personnes ayant pensé à changer de genre, c’est presque 1 personne sur 2 qui a déjà été victime de violences sexuelles. Au sein de la population générale, près de 30% des femmes et un peu moins de 9 % des hommes déclarent avoir subi des rapports forcés ou une tentative de rapport forcé au cours de leur vie.
La surexposition des minorités sexuelles et de genre aux discriminations a des répercussions graves sur leur santé : « Elles ont un état de santé mentale dégradé, notamment à cause des violences qu’elles subissent », explicite Nathalie Bajos. Près de la moitié des personnes qui ont pensé à changer de genre déclarent des cas de dépressions sévères ou modérés contre moins de 18 % pour le reste de la population.
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