« Eephus », du baseball existentiel
Le film de Carson Lund illustre la vitalité du cinéma indépendant américain.
dans l’hebdo N° 1841-1843 Acheter ce numéro

© Capicci Distribution
C’est leur dernier match de baseball. Non de la saison, mais de leur vie. Tous ces hommes en ont conscience quand ils arrivent aux abords du terrain de Soldiers Field, quelque part en Nouvelle-Angleterre, où ils vont une ultime fois s’adonner, en amateurs, à leur sport favori. Le spectateur en connaît la raison, énoncée d’emblée par le speaker d’une radio locale (c’est le grand Frederick Wiseman qui lui prête sa voix) : le stade de baseball va être démoli pour laisser place à un lycée flambant neuf.
Eephus, le dernier tour de piste n’est pas l’œuvre d’un réalisateur vieillissant rongé par la nostalgie. Carson Lund est un jeune homme qui signe là son premier long métrage, après avoir occupé le poste de chef-opérateur ou de coproducteur au sein du collectif qu’il a fondé avec des amis cinéastes, dont Tyler Taormina – dont le nouveau film Noël à Miller’s Point vient lui aussi de sortir en France. Le cinéma états-unien (vraiment) indépendant n’est pas mort.
Fin de cycleDu haut de sa trentaine d’années, Carson Lund met donc en scène de vieux complices de baseball sommés de rompre avec ce qui les liait encore à leur jeunesse. En outre, il a tourné en automne, ce qui ajoute à la sensation de fin de cycle.
Pour qui ignore les règles du baseball, une dimension du film reste
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