À la buvette de l’Assemblée, on bulle utile

Ce lieu de respiration entre deux séances parlementaires est choyé par les députés. On s’y détend, certes, mais on n’oublie pas d’y traiter quelques affaires avec ses amis ou ses ennemis. Plus au calme que dans l’hémicycle.

Lucas Sarafian  • 18 décembre 2024 abonné·es
À la buvette de l’Assemblée, on bulle utile
Dans ce décor Art nouveau, on se plaît à imaginer grandes intrigues et petits complots. La réalité est plus pragmatique.
© Assemblée nationale

C’est l’un des lieux les plus secrets de la République. Un cabinet noir ? Une salle mystérieuse dans le sous-sol de l’Élysée ? Non, un café un peu chic, décor de brasserie style Art nouveau, au rez-de-chaussée du Palais-Bourbon. Située à quelques pas de l’hémicycle, la buvette de ­l’Assemblée nationale est l’objet de bien des fantasmes. Impossible de l’apercevoir depuis la salle des Quatre-Colonnes, où la presse s’installe pour rencontrer les élus. La salle est isolée par une double porte.

« C’est peut-être l’aspect restrictif de ce lieu qui le rend secret. Mais c’est un endroit moins mystérieux qu’il n’y paraît », relativise Yves Blein, député de 2012 à 2022 avec l’étiquette socialiste d’abord, avant d’intégrer La République en marche (LREM, devenue Ensemble pour la République) en 2017. En effet, la buvette est réservée aux ministres, aux députés et aux collaborateurs parlementaires à condition qu’ils soient accompagnés par un député. Les journalistes n’y sont pas acceptés.

Je n’ai jamais vu un député ou un ministre faire changer d’avis un député à la buvette.

A. Vallini

Ce café aux tables en marbre où trône une sculpture de Marguerite Steinheil, salonnière des XIXe et XXe siècles et maîtresse de Félix Faure, président de la République de 1895 à 1899, suscite l’imagination. Serait-ce le lieu où sont négociés les accords politiques pour des projets de loi difficiles, où s’élaborent les grandes stratégies parlementaires et les petits complots partisans ? Terrain de jeu parfait pour un ministre des Relations avec le Parlement, fin négociateur au cœur du jeu parlementaire. Un poste très stratégique qu’ont occupé Olivier Véran, Louis Mermaz, Daniel Vaillant, Jean-François Copé, Christophe Castaner, Franck Riester ou André Vallini.

« On se côtoie entre parlementaires de différents groupes, on se tutoie. Mais on ne se

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