Primaire à gauche : les socialistes choisissent le huis clos

Les militants socialistes décident d’embarquer leur parti dans une primaire réservée aux seuls adhérents du PS et de Place publique. Selon ses détracteurs, le processus est taillé pour Raphaël Glucksmann. Olivier Faure est mis en minorité dans son propre parti.

Lucas Sarafian  • 10 juillet 2026 abonné·es
Primaire à gauche : les socialistes choisissent le huis clos
Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, lors de la présentation du projet de son parti, le 30 juin 2026.
© Thomas SAMSON / AFP

La bataille avait des allures de guerre picrocholine. Et qu’elle était longue, cette guerre au parti socialiste (PS). « Si on n’a pas le sens des responsabilités, on a le sens des limites du ridicule », disait un cadre de la vieille maison il y a quelques semaines. Depuis des jours, Olivier Faure est capitaine d’un paquebot sans boussole.

La raison de ses peines ? La méthode de désignation de leur candidat pour la présidentielle. Les tergiversations sont désormais terminées. Le 9 juillet, les militants ont tranché. Ils décident d’embarquer leur parti dans une primaire fermée où seuls les adhérents socialistes et de Place publique pourront voter.

Après avoir tenté de convaincre Laurent Berger, après avoir tout fait pour embarquer son parti dans l’union de la gauche, Olivier Faure s’est heurté à ses opposants internes, sa propre famille. « Les socialistes, c’est le bordel. Mais c’est congénital », relativisait il y a quelques jours un proche du premier secrétaire du parti, rappelant les duels fratricides opposant Laurent Fabius à Lionel Jospin ou Michel Rocard à Jean-Pierre Chevènement.

Mais la tâche du premier des roses était peut-être insurmontable. Depuis des mois, le navire qu’il dirige depuis 2018, quand personne ne le voulait après le naufrage du quinquennat de François Hollande, lui échappe. Impossible de faire avaler à son propre parti une primaire avec les Verts, les ex-insoumis et les communistes. Celui qui s’est donné pour mission de réancrer son parti au cœur de la gauche, alors qu’il était sifflé dans les cortèges du 1er-Mai, a tout tenté. Jusqu’au bout.

Embourbé dans une sorte de congrès permanent, Olivier Faure a joué sa dernière carte : faire voter ses militants sur les contours d’une

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