Trump, un dinosaure au secours des fossiles
L’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, et la promesse d’une politique du tout extraction – pétrole et gaz de schiste –, signe le retour d’une politique anti-écologique, à rebours des accords internationaux signés par l’administration Biden.
dans l’hebdo N° 1846 Acheter ce numéro

© Regard Brut / Agence 43 mm
Alors que Donald Trump s’apprêtait à reprendre ses quartiers à la Maison Blanche, les chaînes d’information du pays passaient en boucle les images des flammes ravageant Los Angeles. Tandis que les plus nantis s’assuraient les services de pompiers privés pour protéger leur villa, le nouveau président a critiqué avec virulence les autorités et le gouverneur démocrate « incompétent » de Californie, qu’il tient pour responsables, répandant ainsi des informations erronées et une vision simpliste faisant fi du changement climatique. La réélection de Trump annonce le retour en force du climatoscepticisme dans le Bureau ovale.
On se souvient de ses positions sur le changement climatique, allant jusqu’à qualifier le phénomène de « canular » malgré le consensus scientifique. Quelques mois après sa première prise de fonction, il actait le retrait de son pays de l’accord de Paris, sidérant le monde entier. Donald Trump a réitéré son opposition au traité, que les États-Unis ont réintégré sous Joe Biden. Et les différentes avancées environnementales de ces quatre dernières années constituent pour les entreprises un contexte économique et un ensemble de normes et de régulations auxquels elles ont dû s’adapter.
Dans le cadre de l’Inflation Reduction Act, sorte de green new deal post-covid, certaines reçoivent même des fonds fédéraux importants, par exemple destinés à l’innovation en matière de technologies de capture et séquestration du carbone. On a ainsi vu certains dirigeants des industries les plus émettrices exhorter Trump à ne pas détricoter tout le bilan du président sortant et à rester dans l’accord au nom de la stabilité, propice aux affaires. Malgré leurs demandes, Trump a bien confirmé le deuxième retrait du pays de l’accord de Paris dès son investiture en signant un « ordre exécutif » devant ses fans réunis à la Capital One Arena.
Une équipe dirigeante proche des industrielsL’accord de Paris ne semble être aujourd’hui qu’un doux rêve au souvenir lointain, en témoigne l’année 2024 dont la température moyenne était supérieure à la barre symbolique de 1,5 °C de réchauffement. Si ce n’est le message envoyé au reste du monde, que l’administration Trump décide à nouveau d’en sortir ou non reste in fine relativement anecdotique : la campagne électorale nous a rappelé qu’un second mandat de sa part serait quoi qu’il en soit catastrophique en termes de politique environnementale.
Avec « Drill, baby, drill » (« Fore, bébé, fore ») inscrit noir sur blanc dans son programme, Donald Trump courtise les grandes entreprises pétrolières et gazières : lors d’un dîner dans sa villa de Mar-a-Lago réunissant les patrons du secteur, Trump a fait miroiter une politique avantageuse en
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