Retraites : à la Cnav, un mouvement social face à une surcharge de travail « insoutenable »
L’ensemble des organisations syndicales représentatives appellent les agents retraite de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) d’Île-de-France à se mobiliser, par la grève, ce jeudi 23 janvier. En cause : une « forte dégradation des conditions de travail ».

Était-ce prévisible ? Dans un communiqué de presse qui ne fait pas dans le détail, l’ensemble des organisations syndicales représentatives de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), dénoncent une dégradation « dramatique » des conditions de travail et une surcharge « insoutenable » de travail pour les « techniciens retraite », en charge du calcul et du paiement des retraites, en Île-de-France.
La situation décrite est particulièrement tendue. En sous-effectif, avec des outils informatiques qui fonctionnent mal, les agents n’arrivent plus à gérer l’afflux de demandes de retraites. Au point que plusieurs dizaines de milliers de dossiers – dont beaucoup d’urgents - seraient toujours en attente de traitement. Selon nos informations, 43 000 dossiers étaient toujours en stock, en Île-de-France, au 31 décembre 2024.
On ne respecte même plus les droits des assurés !
« On traite des dossiers de personnes qui sont parties à la retraite en septembre ou en octobre 2024, en décembre ou en janvier. Donc pendant quatre mois, elles n’ont pas eu le droit à leur retraite. On ne respecte même plus les droits des assurés ! », souffle un technicien retraite francilien. « Pour utiliser le jargon de notre direction, le stock qu’on a accumulé n’est pas ‘sain’. C’est-à-dire qu’on a beaucoup de demandes de retraites qui sont déjà dépassées ou qui vont être très prochainement dépassées », assure Romain Rivière, délégué syndical de la CGT à la Cnav.
« Le taux d’atteinte de la garantie de versement était de 94,6 % en septembre 2024. L’immense majorité des assurés partis le 1er septembre ont donc touché leur retraite en temps voulu », rétorque, auprès de Politis, la direction de la Cnav. Pourtant, malgré ces mots rassurants, la direction ne peut nier qu’un afflux de dossiers est venu mettre à mal les agents retraite des agences d’Île-de-France. Au point qu’en septembre, une « task force » (groupe de travail) a été créée, sur la base du volontariat, pour essayer de liquider ce stock, au maximum.
"Plus on prend du retard, plus les assurés nous sollicitent"Des agents, contre un jour de télétravail supplémentaire, ont donc été détachés de leur agence pour faire, uniquement, de la liquidation de dossiers. Jusqu’à 20 par jours – contre 5-6 habituellement sur un portefeuille
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Pour aller plus loin…
Plan social à Aides : séropos et chemsexeurs sur le carreau
À Brest, les pêcheurs artisans dans le même bateau
Shein, Temu, ou l’invasion quoi qu’il en coûte du marché français