Pour un front unitaire féministe antifasciste

La militante Mimi Aum Neko, présidente de l’association de soutien aux personnes trans, Acceptess-T, appelle à une résistance radicale contre l’extrême droite mondiale.

Mimi Aum Neko  • 4 février 2025
Partager :
Pour un front unitaire féministe antifasciste
© Markus Spiske / Unsplash

« De même que le fascisme fut un mouvement global dans l’entre-deux-guerres, le néofascisme ne peut être saisi comme une simple juxtaposition de mouvements nationaux : il forme d’ores et déjà une internationale (1). »

Le retour de Donald Trump au pouvoir ou les soutiens indéfectibles de la part du grand capital aux mouvements fascistes internationaux ne nous ont pas surpris·es. Il nous faut encore une fois nous rappeler que toutes les victoires politiques des fascistes ne sont pas juste des événements anodins. Elles s’organisent. Les conséquences de ces politiques sont réelles et le danger est imminent.

La politique néolibérale, favorisant la privatisation et l’austérité, s’inscrit dans la doctrine des dirigeants néofascistes, qui mènent une guerre ouverte contre toute la classe travailleuse, mais pas seulement ! Le système capitaliste a, encore aujourd’hui, montré son vrai visage, se révélant plus que jamais masculiniste, validiste et anti-LGBTIQ+.

Comme Trump, le président argentin Javier Milei, lors du forum de Davos, s’en est pris sans relâche aux droits des femmes et des personnes LGBTIQ+, jugeant l’avortement responsable du déclin des naissances, et le mouvement LGBTIQ+ de la pédophilie. Ces dirigeants prétendument défenseurs de la liberté visent, en effet, à effacer intentionnellement les droits et les identités des peuples opprimés dans un seul but commun : créer un État fasciste et ouvrir le retour à une forme de « travail, famille, patrie ».

Il est plus urgent que jamais de s’organiser internationalement sous la bannière commune de l’antifascisme radical. C’est-à-dire de consolider et d’élargir le front antifasciste dans tous les domaines de la société, sans céder sur nos droits. La fascisation d’une gauche institutionnelle à l’échelle mondiale est aussi un signe dangereux et menaçant pour nous tous·tes. Le premier ministre du Royaume-Uni, Keir Starmer, et l’ancienne vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, sont de bons exemples : leur politique montre comment iels ont trahi la gauche et ont cédé face aux capitalistes, aux transphobes et aux génocidaires.

Clamaer haut et fort que la gauche n’est rien d’autre que la lutte des classes et l’antifascisme.

En France, on peut s’interroger sur la stratégie du Parti socialiste, qui refuse de censurer le gouvernement Bayrou, qui mène une politique de plus en plus proche de l’extrême droite. On ne combat pas les fascistes en parlant ou agissant comme les fascistes ! Aujourd’hui, l’extrême droite est en roue libre dans la rue, dans les médias, dans la culture et au pouvoir. Les gouvernements d’Emmanuel Macron appliquent déjà des programmes néofascistes : le nombre d’expulsions augmente, notamment parmi les femmes trans migrantes séropositives ; les militant·es pour l’écologie et pour la Palestine sont réprimé·es.

Face à cette internationale fasciste, nous devons immédiatement réaffirmer nos positions et nos stratégies communes en clamant haut et fort que la gauche n’est rien d’autre que la lutte des classes et l’antifascisme. Et dans ce combat, il s’agit aussi de lutter de manière non négociable en faveur des droits des personnes trans, des migrant·es, des travailleurs et travailleuses du sexe, des Palestinien·ne·s, des handi·es et de tous les peuples opprimés. Pour un front unitaire féministe antifasciste, organisons-nous !

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

L’« hyperpolitique », les grains et la colère
Philosophie • 16 octobre 2026 abonné·es

L’« hyperpolitique », les grains et la colère

Dans son essai Hyperpolitique, salué à l’international, Anton Jäger décrit une société politisée mais incapable de pérenniser son énergie. Un examen singulier et percutant du présent, dont les pistes de dépassement sont encore à dessiner.
Par Juliette Heinzlef
La consécration centenaire de Michel Foucault
Philosophie • 15 octobre 2026 abonné·es

La consécration centenaire de Michel Foucault

N’en déplaise aux réactionnaires hurlant au « wokisme », l’œuvre du philosophe français est toujours incontournable pour penser des notions aussi centrales que la raison, le pouvoir, la sexualité, la maladie ou le sujet. De nombreuses publications témoignent de son rayonnement mondial.
Par Olivier Doubre
Marilou Aussilloux : « Ce n’est pas facile de trouver sa place dans le chaos »
Entretien • 14 octobre 2026 abonné·es

Marilou Aussilloux : « Ce n’est pas facile de trouver sa place dans le chaos »

Nouvelle venue depuis deux films dans l’univers de Robert Guédiguian, la comédienne tient le premier rôle dans le nouvel opus du cinéaste de l’Estaque, Une femme aujourd’hui (en salle le 21 octobre). Elle nous parle de son personnage et du cinéma de Guédiguian, de son parcours et de ce que représente pour elle le fait d’être une jeune actrice dans le monde d’aujourd’hui.
Par Christophe Kantcheff
Maria Mies, combattante de la subsistance
Sociologie • 9 octobre 2026 abonné·es

Maria Mies, combattante de la subsistance

Traduite pour la première fois en français, l’autobiographie de la sociologue allemande nous plonge dans près de quatre-vingts ans d’histoire des luttes féministes et anti-impérialistes, entre l’Occident et l’Inde.
Par Vanina Delmas