Pour Terre de liens, la souveraineté alimentaire est un « scandale made in France »
La France dispose d’assez de terres agricoles pour nourrir sa population mais près de la moitié ne produisent que pour l’exportation. Une vision de la souveraineté alimentaire axée sur le commerce international que dénonce l’association.

Après avoir scruté l'état des terres agricoles françaises, puis révélé qui sont leurs véritables propriétaires, Terre de liens avait détaillé la réalité du portage foncier, ce dispositif qui permet à une personne morale d'acheter des terres pour les mettre à disposition d'agriculteurs et d’agricultrices. Pour son quatrième rapport, l'association qui lutte depuis plus de 20 ans contre la spéculation des terres agricoles, s'est attaquée à un sujet dans l'air du temps : la souveraineté alimentaire.
Et appelle le gouvernement à mettre en cohérence production agricole et besoins alimentaires, à l'aube du vote du projet de loi sur l’orientation agricole au Sénat et de l'ouverture du Salon de l'agriculture. « Pour atteindre la souveraineté alimentaire, c’est tout le système agricole et alimentaire qui doit évoluer. C’est la manière dont on produit, transforme, distribue et consomme l’alimentation », clame Terre de liens dans son rapport intitulé « Souveraineté alimentaire : un scandale made in France ».
Plus on exporte, plus on importeDepuis 2020 et le choc de la pandémie de covid-19, l'expression « souveraineté alimentaire » nourrit tous les discours des gouvernements successifs. Mais son sens premier a été dévoyé, sous l'impulsion de la FSNEA, donnant le champ libre à l'exportation de la production agricole, avec l'ambition illusoire de nourrir le monde. À partir de nombreuses études et chiffres officiels, le rapport de Terre de liens démontre la situation paradoxale de la France : plus on exporte, plus on importe.
Le potentiel nourricier de la France est déficitaire. Notre souveraineté alimentaire est dans les choux.
C. SovranLa France a un potentiel nourricier – le ratio entre les terres et les habitants d'un territoire – de 130 %. Mais elle mise sur l'exportation pour apparaître comme une puissance agricole, et a donc recours à l'importation pour nourrir sa population. Deux explications : le niveau de transformation de notre alimentation mais avant tout le niveau d'insertion de notre agriculture dans le commerce international.
« Sur les 28 millions d'hectares de terres agricoles dont dispose la France, 43 % produisent pour l'exportation. La surface agricole disponible par habitant pour nourrir la population française est donc réduite à 2 100 m2, là où il en faudrait le double pour nourrir une personne. Conséquence : le potentiel nourricier de la France est déficitaire. Notre souveraineté alimentaire est dans les choux », assène Coline Sovran, chargée de plaidoyer à Terre de liens et autrice du rapport.
Exemple concret et qui touche au quotidien des Français : les pâtes. La filière blé dur français semble plutôt performante puisqu'elle a produit plus de 1,3 millions de tonnes en 2023, se plaçant comme le 2e producteur européen de blé dur derrière l’Italie. Les Français consomment en
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