Médecine alternative : l’ombre sectaire

Un rapport de la Miviludes met en lumière un phénomène inquiétant. Depuis la pandémie de covid-19, l’attrait pour les soins non conventionnels s’est accru, au risque de dérives dangereuses, voire mortelles.

Juliette Heinzlef  • 16 avril 2025 abonné·es
Médecine alternative : l’ombre sectaire
© Mathieu Thomasset / Hans Lucas / AFP

Des séances de bols tibétains, de magnétisme ou de reiki, cette méthode de relaxation consistant à apposer les mains sur les différents points énergétiques du corps… Ces médecines dites « douces », « complémentaires » ou encore « alternatives », loin de se limiter à des programmes de retraites spirituelles en Asie, s’implantent aujourd’hui dans des établissements publics de santé, surtout dans les zones rurales en manque de médecins. Au risque de supplanter les soins conventionnels et de favoriser certaines dérives, comme le souligne le dernier rapport de la Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), publié le 8 avril.

Des soins à base de pierres ou des examens de tumeurs par « appareil russe à résonance magnétique ».

Sur la période de 2022 à 2024, la Miviludes note une hausse des dérives sectaires dans des domaines variés. Auparavant cantonnées à la sphère religieuse ou cultuelle, elles gagnent des secteurs comme la santé et le bien-être. Cette évolution reflète le développement de nouvelles formes de spiritualité en marge des religions traditionnelles. Plus libres et individualistes, ces pratiques alimenteraient une quête de soi influencée par le New Age, une approche holistique du monde alliant le corps, l’âme et le cosmos.

Pseudo-thérapeutes

Le rapport mentionne ainsi des cures problématiques pratiquées par des personnes dépourvues de tout diplôme d’État et surfant sur le désir d’un retour à la nature et de pratiques occultes « bienveillantes ». Ces pseudo-­thérapeutes prescrivent – souvent de manière très onéreuse – des régimes alimentaires draconiens, des soins à base de pierres ou des examens de tumeurs par « appareil russe à résonance magnétique », une machine censée harmoniser le bien-être du corps, à des patients déjà affaiblis par le cancer.

Les traitements de chimiothérapie étant quant à eux fustigés comme des « poisons mortels » par ces pseudo-médecins. Un « naturopathe » a ainsi été condamné en 2023 par la cour d’appel de Paris après avoir préconisé des purges et l’usage d’huiles essentielles à un patient atteint d’un cancer des testicules. Ce dernier est décédé deux ans après le diagnostic, alors qu’il avait renoncé à suivre un traitement

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Publié dans le dossier
Santé : le risque sectaire
Temps de lecture : 6 minutes

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