« Il existe une banalisation des pratiques non conventionnelles de soin »

Donatien Le Vaillant, chef de la Miviludes, revient sur le dernier rapport d’activité de la mission interministérielle, révélant une augmentation continuelle des dérives sectaires entre 2022 et 2024 en matière de santé.

Juliette Heinzlef  • 17 avril 2025 abonné·es
« Il existe une banalisation des pratiques non conventionnelles de soin »
© Alexander Grey / Unsplash

La santé et le bien-être concentrent 37 % des signalements à la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), ce qui en fait désormais le premier secteur concerné, avant même les cultes ou les spiritualités (35 %). Analyses et perspectives d’évolution présentées par Donatien Le Vaillant, chef de la Miviludes.

Comment expliquez-vous que le domaine de la santé soit devenu propice aux dérives sectaires ?

Donatien Le Vaillant : Le domaine de la santé n'est pas nouveau dans le domaine des dérives sectaires puisqu'il y avait déjà eu en 2013 un rapport du Sénat intitulé « La santé en danger ». Les choses n'ont fait que s'aggraver depuis. De manière structurelle, les croyances d'un grand nombre de personnes se concentrent de plus en plus sur les questions de bien-être de l’ici et maintenant, plutôt que sur l'au-delà ou le salut de leur âme. À travers la sécularisation de la société, les croyances sont restées très présentes et se sont un peu développées, semble-t-il, dans le domaine de la santé.

On peut aussi indiquer que la contestation des pouvoirs publics, celle du monde médical, le complotisme, n'ont fait que prospérer à la faveur de la crise sanitaire et des confinements successifs. Le développement du numérique, responsable de la diffusion d’une partie de ces discours, a pu contribuer à cette augmentation.

Il y a des pratiques d’accompagnement qui peuvent être utiles, mais il faut qu’elles soient coordonnées par les professionnels de santé.

De la même manière, on rencontre un problème de banalisation des pratiques non conventionnelles de soins, dans les hôpitaux, sans que les patients ne sachent toujours s’il s’agit de pratiques médicales ou non, et dans les maisons de santé, avec une pression forte exercée auprès des élus locaux pour avoir des médecins ou professionnels de santé dans certaines régions rurales. Sur place, il peut y avoir un risque de proposer des pseudo-thérapeutes, alors que la déontologie médicale empêche en principe

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Société
Publié dans le dossier
Santé : le risque sectaire
Temps de lecture : 6 minutes

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