« Œdipe roi », un roi qui tombe à pic

Éric Lacascade signe une mise en scène d’une grande épure du drame de Sophocle. La chute du souverain antique et la crise de la démocratie y résonnent avec force et évidence avec les temps présents.

Anaïs Heluin  • 16 avril 2025 abonné·es
« Œdipe roi », un roi qui tombe à pic
D’une grande élégance et fluidité, le texte que portent des acteurs issus d’univers divers est le fruit d’une patiente composition à partir de la vingtaine de traductions existantes.
© Frédéric Iovino

C’est par une scène quotidienne sans paroles, une petite ronde réalisée en vitesse par Karelle Prugnaud et deux enfants, qu’Éric Lacascade entre dans Œdipe roi de Sophocle. Cette entrée en matière joueuse n’est anodine qu’en apparence. En nous présentant sa Jocaste, reine de Thèbes, dans sa sphère intime que la tragédie n’a pas encore atteinte, le metteur en scène affirme d’emblée son angle d’approche.

Il s’agit pour lui de révéler comment la pièce antique résonne avec nos sociétés actuelles, nos façons de vivre, sans en dénaturer ni la langue ni la construction. Le peuple qui forme un chœur cherchant à faire respecter les principes de la démocratie prend le relais non pas au sein de la belle et minimaliste scénographie en arc de cercle d’Emmanuel Clolus, mais en surgissant du public. 

La justesse que l’on ressent tient en partie au processus de travail de Lacascade.

Ce procédé qui, dans d’autres cas, peut sembler artificiel est ici une manière simple et efficace d’approfondir la rencontre subtile de l’antique et du contemporain initiée par le bref tableau initial. La justesse que l’on

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Théâtre
Temps de lecture : 3 minutes