« Le spatial de défense fait partie des fronts avancés du réarmement »
Député insoumis, Arnaud Saint-Martin est corapporteur du rapport intitulé « Les satellites : applications militaires et stratégies industrielles », présenté devant la commission de la Défense le 14 mai. Une question épineuse au sein des partis de gauche, qui peinent encore à s’imposer sur ces thématiques. Entretien.
dans l’hebdo N° 1862 Acheter ce numéro

© VICTOR HABBICK VISIONS / SCIENCE P / VHB / Science Photo Library / AFP
Le sociologue voit dans le réarmement spatial une évolution industrielle et économique incontournable, mais aussi une nécessité stratégique. Il estime en effet nécessaire de s’armer pour peser dans les négociations multilatérales sur le désarmement et ainsi « mieux pacifier l’espace ».
De quoi la militarisation de l’espace est-elle le nom ?
Arnaud Saint-Martin : Le terme « militarisation » fait partie de ces mots-valises qu’on utilise pour caractériser une évolution qui serait en cours et récente. En réalité, nous avons affaire à une construction originelle de l’espace qui est d’emblée militarisée et qui par moments, par des jeux de concession, de collaboration ou d’enrôlement de la science ou de la technologie, peut devenir un lieu d’expérimentation pour d’autres communautés, en l’occurrence scientifiques. L’idée d’une intensification est elle aussi ancienne mais, aujourd’hui, elle gagne une sorte d’actualité. Et sans doute y a-t-il un basculement en train de s’opérer en termes d’intensité.
Quelle place occupent la France et l’Europe dans cette militarisation ?
La France s’autonomise en tant que force spatiale, avec le commandement de l’espace. On observe une velléité de compter en tant que force spatiale. Nous avons également auditionné, pour notre rapport, le commissaire à la Défense et à l’Espace de l’Union européenne, Andrius Kubilius, qui a témoigné d’une volonté d’organiser un « spatial de défense européen ». Ce projet n’est pas sans susciter des crispations puisque certains groupes politiques, dont le mien, refusent l’idée
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