À Nîmes, l’écologie populaire s’empare du logement
Dans cette ville du Gard violemment touchée par les canicules, l’habitat « bouilloire » fait les premières victimes de ces vagues de chaleur d’une intensité croissante. Une thématique au cœur du festival les Vers du Ter-Ter.
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© Sylvain THOMAS / AFP
Ce mardi 1er juillet, au pic de l’épisode caniculaire qui a touché la France, 41,3 °C sont enregistrés à Nîmes. Ce record de chaleur pour un mois de juillet dans le département du Gard intervient au moment où la dernière étude de la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé-Pierre) dévoile que le territoire pourrait être l’un des départements de l’Hexagone les plus exposés aux logements « bouilloires » d’ici à 2050.
Selon l’étude, 80 % des logements français ont un niveau de confort d’été jugé insuffisant ou moyen. En première ligne face au dérèglement climatique, le territoire gardois pourrait correspondre à l’Andalousie dans trente ans, d’après une étude commandée par le département. Dans un contexte politique marqué par un délaissement de la politique de la ville, qui représente seulement 1 % du budget de l’État, le thème « habiter nos quartiers » a été choisi pour la deuxième édition d’un festival d’écologie populaire qui s’est déroulé à Nîmes du 2 au 6 juillet.
« On promeut ce type d’écologie à partir des quartiers populaires, en s’inspirant du travail de Fatima Ouassak. L’idée, c’est de faire “avec” et non “pour”, car souvent ça veut dire qu’on fait à la place des gens », confie Romain Duplan, cogérant du Bar du Midi et membre de l’organisation des Vers du Ter-Ter. Au programme : ateliers d’écoconstruction, table ronde autour de l’habitat participatif, écologique et solidaire, balade découverte de la fraîcheur des rues végétalisées.
Après une première édition portée par ce café situé dans le quartier populaire de Gambetta et l’association Le Spot, un collectif d’habitants et d’habitantes a repris la main en misant sur l’indépendance, sans solliciter de subvention. Cette initiative locale s’inscrit dans un mouvement national, quelques jours après le premier sommet de l’écologie populaire organisé par Banlieues Climat, à Cergy (Val-d’Oise).
Quand je touche les murs, j’ai l’impression que des radiateurs sont allumés en permanence .
Le festival nîmois s’étend sur plusieurs quartiers classés comme prioritaires de la ville à Nîmes : Gambetta, Richelieu, Pissevin et Valdegour. Dans une ville qui se paupérise – 31% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté –, deux quartiers prioritaires de la ville (QPV) sont classés parmi les vingt plus pauvres de France métropolitaine. Avec 72 % de taux de pauvreté, Pissevin-Valdegour est en 4e position de ce classement établi par l’Observatoire des inégalités.
« L’intérêt de se focaliser sur ces secteurs est que les populations sont les plus touchées par le dérèglement climatique. C’est certainement celles qui ont développé le plus de stratégies d’évitement vis-à-vis des logements en période de canicule », explique Romain Duplan, aussi chercheur indépendant en histoire sociale.
« C’est un étouffement »Les habitants qui résident dans des appartements bétonnisés d’une des villes les plus chaudes du pays paient cher le prix des canicules. Le fait de vivre dans un espace trop chaud en été touche majoritairement les urbains des quartiers populaires, en raison d’une qualité moindre du bâti.
« C’est un étouffement. C’est plus supportable d’être dehors, pendant quelques heures, quand il fait 43 °C avec un ressenti à 47 °C, qu’être à l’intérieur. Quand je touche les murs, j’ai l’impression que des radiateurs sont allumés en permanence », lance une habitante d’un logement construit en 1964 et qu’elle occupe depuis 2016. Désespérée, elle place de l’aluminium sur les fenêtres
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