­­Les droits des enfants, éternels oubliés de l’agenda politique

Malgré des scandales à répétition et des rapports parlementaires accablants, la protection de l’enfance reste marginalisée dans le programme des partis, même à gauche. Le monde associatif s’agace de cette absence.

Thomas Lefèvre  • 26 août 2025 abonné·es
­­Les droits des enfants, éternels oubliés de l’agenda politique
Les rapports des commissions d'enquête sur les violences subies par les enfants dans le cinéma et dans les établissements scolaires n'ont eu que peu d'écho dans le monde politique.
© Politis

Rentrée politique oblige, les principaux partis organisent leurs universités d’été et définissent leurs priorités pour les prochains mois. Au rythme des discours, des conférences et des tables rondes, les sujets s’enchaînent : logement, écologie, sécurité, préparation des municipales… Mais une question reste reléguée aux marges : la protection de l’enfance.

« En dehors de certains temps forts, la question de l’enfance est souvent dans l’angle mort  politique et médiatique », constate Lyes Louffok, militant des droits de l’enfant et auteur de Dans l'enfer des foyers : Moi, Lyes, enfant de personne (Flammarion, 2014). Candidat aux législatives de 2024 dans le Val-de-Marne et aux législatives partielles de 2025 dans l’Isère sous l’étiquette de la France insoumise, il suit avec attention l’agenda des partis. 

À gauche, seul·es les écologistes et le NPA ont prévu un temps consacré à l’aide sociale à l’enfance (ASE) ou aux droits de l’enfant lors de leurs universités d’été. Rien ou presque, en revanche, du côté du Parti socialiste, des communistes ou même de La France insoumise, qui a bien organisé une table ronde, mais en se concentrant sur les violences scolaires et la commission d’enquête dite de Bétharram. 

Lorsque l’on discute avec des responsables politiques, beaucoup nous disent de l’enfance que ce n’est pas leur sujet.

L. Louffok

« Pour les partis politiques, tout ceci rentre dans des logiques de communication. Et cela crée même des confusions : pour Bétharram, par exemple, le rôle de la France insoumise n’était pas clair, et l’espace accordé aux associations a été minime. Or, je considère que c’est aux partis politiques de donner de l’écho à la société civile, pas l’inverse », détaille Lyes Louffok.

À l’intérieur des partis, peu d’élu·es investissent ces questions. « Lorsque l’on discute avec des responsables politiques, beaucoup nous disent que l’enfance “ce n’est pas leur sujet”, regrette Arnaud Gallais, cofondateur et président de l’association Mouv’Enfants. Cette réponse serait inimaginable si on parle d’écologie par exemple. » 

« L’impensé des politiques publiques » 

Cette absence résonne d’autant plus que ces dernières années ont été marquées par une série d’affaires médiatisées. En plus des scandales de Bétharram et du procès Le Scouarnec, plusieurs rapports parlementaires ont été rendus publics et les données s’accumulent.

Côté chiffres, en 2018, en

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Politique Société
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