Sébastien Lecornu : les souvenirs amers des Outre-mer

Entre 2020 et 2022, le nouveau premier ministre était chargé du portefeuille des territoires ultramarins. Son passage rue Oudinot a nourri griefs et amertumes, notamment en Kanaky-Nouvelle-Calédonie.

Tristan Dereuddre  • 12 septembre 2025 abonné·es
Sébastien Lecornu : les souvenirs amers des Outre-mer
Sébastien Lecornu, alors ministre des Outre-mer, en déplacement ministériel à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), le 29 novembre 2021
© Christophe Archambault / AFP

« Je veux dire sincèrement à nos compatriotes que je mesure leurs attentes et que je connais les difficultés », écrivait Sébastien Lecornu sur son compte X le 10 septembre, au lendemain de sa nomination à Matignon, après la chute du gouvernement de François Bayrou. Une formule qui résonne comme une promesse de proximité de la part de l’homme qui a survécu à tous les remaniements depuis 2017. Les « difficultés » évoquées, le nouveau premier ministre a pu les observer lorsqu’il était ministre des Outre-mer entre 2020 et 2022.

Comme le montre le rapport 2025 de l’Observatoire des inégalités, les taux de pauvreté dans les territoires ultramarins sont très élevés : 77,3 % à Mayotte, 53 % en Guyane, 34,5 % en Guadeloupe, 36,1 % à La Réunion, ou encore 26,8 % en Martinique. À titre de comparaison, la moyenne de la population qui vit sous le seuil de pauvreté s’élève à 14,5 % à l’échelle nationale. Ces écarts traduisent une fracture sociale héritée de l’histoire coloniale.

Aujourd’hui encore, la France est accusée de traiter ses territoires d’outre-mer comme de simples « confettis de l’empire », selon la formule du journaliste Jean-Claude Guillebaud. Le poids du chômage, de la pauvreté, de la vie chère et les innombrables retards structurels qui marquent le quotidien nourrissent cette critique.

Désormais, le nouveau premier ministre devra désigner un ministre des Outre-mer capable de restaurer un climat de confiance. « Pour nous, Bougival, c’est fini. À partir du moment où

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