« Les Braises » et « L’Inconnu de la Grande Arche » : de bas en haut

Deux films et deux façons de représenter l’action politique, à propos des gilets jaunes et des grands travaux.

Christophe Kantcheff  • 4 novembre 2025 abonné·es
« Les Braises » et « L’Inconnu de la Grande Arche » : de bas en haut
Les Braises a un grand atout : le film est dénué de regard rance sur les gilets jaunes.
© Wildbunch

Deux films sortent simultanément offrant chacun une représentation de l’action politique en France à des niveaux très différents. L’une se situe en bas de l’échelle, à hauteur de population, dans Les Braises de Thomas Kruithof. En l’occurrence, il s’agit d’un retour sur les gilets jaunes. Tandis que nous sommes en haut lieu dans L’Inconnu de la Grande Arche, de Stéphane Demoustier, puisque l’architecte à l’origine de ce monument conçu au début des années 1980 a pour interlocuteur privilégié François Mitterrand.

Les Braises a un grand atout : le film est dénué de regard rance sur les gilets jaunes. Thomas Kruithof et son ­coscénariste, Jean-Baptiste Delafon, ont retenu du mouvement ses principales caractéristiques : sa forme inédite, ses aspirations démocratiques et ses revendications contre la vie chère.

C’est ainsi que Karine (Virginie Efira), ouvrière jusque-là dans le rang, découvre la chaleur et la solidarité des ronds-points. Ce qui soulève en elle un espoir d’existence meilleure non égoïste : elle pense à sa propre existence et à ses proches, mais aussi à toutes celles et tous ceux qui partagent sa condition. Son implication de plus en plus forte lui vaut des problèmes avec la police – sans reconstitution de grands mouvements de foule, le film évoque les violences et les entraves policières. Surtout, l’engagement de Karine crée un hiatus avec son mari, Jimmy (Arieh ­Worthalter), chauffeur routier et petit entrepreneur, insensible et même opposé aux gilets jaunes.

Alors qu’on nous a fait comprendre dès les premières images que le couple était uni, le voilà qui bat de l’aile. Dès lors, de la question politique, Les Braises glisse vers la chronique familiale et amoureuse. Sans doute était-ce nécessaire aux yeux du cinéaste quand on a une star – Virginie Efira – au casting.

Ayant les mêmes qualités sur le plan de la pertinence politique – une maire en vue est pressentie pour devenir ministre –, le film précédent de Kruithof, Les Promesses, avec Isabelle Huppert, donnait, quant à lui, trop d’importance à un suspense artificiel dans sa seconde partie. Les Braises s’achève même sur un

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Cinéma
Temps de lecture : 4 minutes