« L’avenir de l’Iran doit être décidé par les Iraniennes et les Iraniens eux-mêmes »

Fondé en 1981, le Conseil national de la résistance iranienne se présente comme un « parlement en exil » et une alternative politique de transition. Afchine Alavi revient sur son histoire, sa stratégie de front uni et les perspectives d’un avenir iranien débarrassé à la fois des mollahs et de la monarchie.

William Jean  • 21 janvier 2026 abonné·es
« L’avenir de l’Iran doit être décidé par les Iraniennes et les Iraniens eux-mêmes »
Manifestation devant le Panthéon, à Paris, samedi 17 janvier.
© William Jean

Afchine Alavi est membre du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI). Une organisation politique travaillant à la transition du régime théologique vers une démocratie laïque sur un principe de front uni. Face à la répression terrible que subit le peuple iranien, il nous livre des clés sur ce que pourrait être le devenir perse.

Pouvez-vous revenir en détail sur l’histoire du Conseil national de la résistance iranienne et sur les raisons de sa création ?

Afchine Alavi : Le CNRI a été fondé en juillet 1981 dans un contexte de rupture politique majeure. Après la révolution de 1979, une large partie des forces révolutionnaires espérait l’instauration d’un régime fondé sur la liberté, l’indépendance et la justice sociale. Cette révolution a cependant été rapidement confisquée par l’ayatollah Khomeiny, qui a imposé une dictature religieuse fondée sur la suprématie absolue du clergé. L’organisation a vu le jour deux ans et demi après la révolution, au moment où les libertés postrévolutionnaires étaient définitivement écrasées.

Nous fonctionnons comme un parlement en exil, destiné à représenter la pluralité de la société iranienne.

Nous avons rassemblé des forces politiques et des personnalités ayant déjà combattu la dictature du shah, mais refusant tout autant le nouveau régime théocratique. Dès l’origine, l’objectif était d’incarner l’alternative au pouvoir des mollahs, avec un projet clair de république démocratique et laïque. Face à une répression violente, l’organisation a été contrainte à l’exil. Aujourd’hui, nous sommes la plus ancienne coalition d’opposition iranienne encore active, avec plus de quarante ans de continuité politique et organisationnelle.

Comment fonctionne concrètement cette structure et quelle est sa composition ?

Nous fonctionnons comme un parlement en exil, destiné à représenter la pluralité de la société iranienne hors du territoire national. Notre Conseil compte environ 460 membres, issus de courants idéologiques, religieux et philosophiques très divers. Cette diversité est un principe fondateur. Nous rassemblons des musulmans sunnites et chiites, des athées, des marxistes, des musulmans démocrates, ainsi que des intellectuels, universitaires, artistes et scientifiques, pour l’essentiel issus de la diaspora.

Sur le plan géographique et ethnique, nos membres viennent de toutes les régions d’Iran, notamment des communautés kurde, baloutche et azérie. Une telle pluralité est aujourd’hui

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

Écolières tuées en Iran : de nouveaux éléments resserrent l’étau sur les États-Unis
Enquête 9 mars 2026 abonné·es

Écolières tuées en Iran : de nouveaux éléments resserrent l’étau sur les États-Unis

Une vidéo montre un missile états-unien Tomahawk frapper une base navale iranienne à proximité immédiate de l’école de filles de Minab, détruite le 28 février et où plus de 160 personnes, dont de nombreux enfants, ont été tuées. Cette séquence constitue l’élément visuel le plus direct apparu jusqu’ici dans l’enquête sur ce massacre.
Par Maxime Sirvins
« Aux États-Unis, il y a une majorité de gauche qui existe déjà »
La Midinale 5 mars 2026

« Aux États-Unis, il y a une majorité de gauche qui existe déjà »

Tristan Cabello, historien spécialiste des États-Unis, maître de conférence à l’université John Hopkins et auteur de La victoire de Zohran Mamdani à New York. Un laboratoire pour la gauche (éditions Textuel), est l’invité de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien
Espagne : la gauche radicale cherche sa voie
Monde 4 mars 2026 abonné·es

Espagne : la gauche radicale cherche sa voie

Yolanda Díaz ne sera plus candidate à la présidence du gouvernement espagnol. L’actuelle vice-présidente, ministre du Travail et leader de la coalition Sumar l’a annoncé le 25 février, au milieu d’un vif débat sur la recomposition de la gauche de la gauche outre-Pyrénées.
Par Pablo Castaño
Trump et Netanyahou, un même mépris pour le peuple iranien
Analyse 3 mars 2026

Trump et Netanyahou, un même mépris pour le peuple iranien

Les deux dirigeants alliés dans leur attaque massive de l’Iran poursuivent en réalité des objectifs différents : négocier l’abandon du programme nucléaire et les prix du pétrole pour le président américain, tandis que le premier ministre israélien souhaite élargir l’hégémonie de son pays au Moyen-Orient.
Par Denis Sieffert