Burker King, Jérôme Rodrigues : les violences policières contre les gilets jaunes devant la justice

© Alain JOCARD / AFP
Des manifestants dans un Burger King parisien, au soir du 1er décembre 2018. Jérôme Rodrigues, le 26 janvier 2019, sur la place de la Bastille. Deux points communs : ils ont porté un gilet jaune et ont été victimes d’un maintien de l’ordre particulièrement violent. Les premiers ont reçu une série de coups de pied et de tonfa, à la tête, au ventre, sur les membres, alors qu’ils se protégeaient des gaz lacrymogènes dans un fast-food encore ouvert. Le second a perdu son œil droit après le tir de LBD d’un CRS. Depuis quelques jours, ils ont un troisième point commun : la justice examine les responsabilités des forces de l’ordre concernées par les deux affaires.
En effet, depuis le lundi 9 février, le tribunal judiciaire de Paris juge neuf CRS pour les violences commises dans le restaurant proche de la place de l’Étoile et de l’Arc de Triomphe. D’après Le Monde, l’enquête de l’IGPN a mis des mois à aboutir à des résultats. D’abord pour identifier l’unité visible sur les vidéos des violences. Puis pour faire cracher le morceau au commandant – qui a finalement daigné donner des noms, dix mois après le début des investigations. Les neuf CRS plaident une perte de « lucidité » dans un procès qui s’ouvre donc sept ans plus tard. Une lenteur dont souffre aussi Jérôme Rodrigues. Ce n’est que le 2 février que la cour d’appel de Paris a confirmé le renvoi devant une cour criminelle du policier soupçonné de l’avoir éborgné.
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