Aux États-Unis, le règne des technofascistes

La réélection de Donald Trump rend tangible l’objectif de certaines élites de la Silicon Valley : se débarrasser des démocraties libérales occidentales et prendre le contrôle sur les États-nations. Deux ouvrages analysent ce phénomène déjà en cours.

Thomas Lefèvre  • 12 février 2026 abonné·es
Aux États-Unis, le règne des technofascistes
Le 3 septembre 2025, manifestation à Berlin contre l’adoption par le gouvernement fédéral du logiciel de sécurité Palantir, déjà utilisé par les forces de police dans trois Länder allemands.
© OMER MESSINGER / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

Pendant longtemps, la Silicon Valley est restée un symbole puissant du rêve américain. L’épicentre mondial de l’innovation technique, foisonnant d’entreprises et autres start-up incarnées par des entrepreneurs quasiment déifiés, de Steve Jobs à Bill Gates en passant par l’inénarrable Elon Musk. Le tout avec jusqu’alors des valeurs progressistes fièrement revendiquées. Du moins en apparence.

Mais avec la réélection de Donald Trump fin 2024, quelque chose a changé. Certains milliardaires californiens de la tech affichent plus ou moins frontalement leurs véritables desseins : se défaire des encombrantes démocraties libérales, comportant des régulations, des normes, des institutions, en bref des obstacles à la prise de contrôle totale du secteur privé sur les États-nations.

Les journalistes Nastasia Hadjadji et Olivier Tesquet décrivent cette nouvelle dynamique autoritaire émanant des rangs des entreprises californiennes de la tech dans leur ouvrage commun, Apocalypse Nerds. Comment les technofascistes ont pris le pouvoir. Le duo propose même de nommer cette idéologie. Bienvenue, donc, dans l’ère du technofascisme.

L’administration Trump utilise des infrastructures numériques et des couches logicielles pour démanteler

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