Plan social à Aides : Séropos et chemsexeurs sur le carreau
Les négociations du plan de licenciement d’Aides, l’association de lutte contre le sida, sont terminées. 55 postes sont supprimés. En bout de chaîne, ce sont les usagers qui devraient en ressentir les conséquences, alors que séropositifs et/ou chemsexeurs peinent déjà à trouver un accompagnement.

© JEFF PACHOUD / AFP
On se souhaitait encore il y a un mois une bonne santé pour 2026. Cela risque d’être sérieusement compromis, en particulier dans le domaine associatif et la santé communautaire. Le 8 octobre 2025, la plus grande association française de lutte contre le sida et les hépatites virales, Aides, annonçait un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).
Après plusieurs mois de négociations, la direction a répondu ce mercredi 4 février à l’avis formulé par le conseil social et économique (CSE) deux semaines plus tôt. L’association fondée en 1984 par le sociologue Daniel Defert, et reconnue d’utilité publique en 1990, va donc supprimer 55 postes sur 497 (37 postes occupés et 18 vacants) cette année, et fermer cinq lieux accueillant du public. C’est plus que lors du dernier PSE, en 2014, qui avait vu la disparition de 43 postes.
Les raisons avancées pour expliquer les difficultés rencontrées par Aides sont multiples, et bien réelles : baisse annuelle de la subvention octroyée par la Direction générale de la santé (DGS) de 600 000 euros ; extension en 2024, sans compensation de l’État, de la prime Ségur à l’ensemble des salariés (financée par Aides seule à hauteur de 1,2 million d’euros par an), ainsi que des « négociations tarifaires dans l’impasse », selon le communiqué de l’association, et qui concernent notamment les Trod, tests rapides et gratuits de dépistage.
Syndicat et direction en désaccordEntre les salariés et la direction, de nombreuses incompréhensions ont égrené les négociations. Notamment sur le totem d’immunité dont ont bénéficié les onze directeurs d’Aides, non concernés par le plan de licenciement qu’ils devront piloter. Un parti pris économique – les cadres sont en effet plus coûteux à licencier – et politique, puisqu’il a de facto écorné la solidarité intersalariale.
S’ajoute à cela le sentiment que la bataille politique n’a pas été menée. « Ça fait des années qu’on propose de se battre aux côtés de la direction, notamment pour demander à l’État d’aider à financer le Ségur, en signant des communiqués communs, etc. En vain, se désolait en janvier le délégué syndical Sud Santé
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