« Sale arab » : dans les casernes de pompiers, des syndicats face à un racisme « décomplexé »
Des inscriptions islamophobes découvertes dans des casiers de pompiers du Val-d’Oise déclenchent des réactions fortes, inédites chez les sapeurs-pompiers. L’omerta sur ce sujet tabou dans cette corporation s’effrite.

L’affaire éclate en quelques jours. Le 20 janvier, puis le 22 janvier, deux sapeurs-pompiers (1) ouvrent leurs placards personnels et font cette découverte : du jambon recouvert de messages racistes et islamophobes : « #2027 », « sale arab », « allah ». La direction du Sdis (service départemental d’incendie et de secours) du Val-d'Oise et les syndicats sont informés rapidement. Les agents portent plainte. Contrairement aux habitudes d’un milieu souvent replié sur lui-même, la réaction est très rapide.
« C’est la première fois qu’un agissement raciste aussi grave est porté à notre connaissance », relate Peter Gurruchaga, responsable de la CGT du Sdis 95. « C’était important de se positionner. Il est hors de question de laisser de tels agissements se développer. On voulait mettre les agents et l’administration face à cette réalité. » Dès le lundi 23 janvier, un tract interne est rédigé. « Avec le syndicat, on a remarqué que dans les établissements où ni les syndicats ni la direction n’agissent, c’est là que ça continue. »
Il serait dommage qu'à cause d'une minorité raciste des interventions puissent mal se passer.
P. GurruchagaPour la CGT, l’enjeu dépasse le simple cas disciplinaire. « Comment agiraient ces personnes quand elles sont en binôme avec un collègue issu de la diversité, ou quand ils sont amenés à sauver des gens de différentes couleurs de peau ? », interroge Peter Gurruchaga. « Le racisme est l'antithèse de notre mission. Nous portons secours à tous, sans distinction », martèle le syndicat, qui craint les répercussions : « Il serait dommage qu'à cause d'une minorité raciste des interventions puissent mal se passer. »
DRLa CGT du Sdis 95 tient néanmoins à rappeler que « l’immense majorité des agents du Sdis fait honneur à l’uniforme » et affirme que « nous ne laisserons pas une minorité haineuse et raciste salir l’image de notre service public et briser la cohésion de nos centres ».
L’administration assumeLe
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