Le climat, enjeu des municipales

L’enjeu climatique des prochaines élections porte sur la poursuite ou l’inflexion d’une transition écologique qui se veut juste et solidaire.

Liêm Hoang-Ngoc  • 9 mars 2026
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Le climat, enjeu des municipales
Une piste cyclable, à Bordeaux.
© JEAN-PIERRE MULLER / AFP

Les catastrophes naturelles liées au dérèglement climatique se multiplient et inondent les territoires. L’objectif de l’Accord de Paris – un réchauffement climatique à la fin du siècle compris entre 1,5 °C et 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle – s’éloigne. Au plus près de leurs administrés, sans autonomie fiscale, les communes doivent faire face au changement climatique avec des ressources contraintes, compte tenu de la baisse des dotations de l’État.

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L’action des grandes métropoles, où se concentrent les émissions de gaz à effet de serre, s’avère déterminante. En leur sein, les villes administrées par la gauche et les écologistes ont souvent adopté un comportement pionnier pour adapter l’aménagement urbain, en prévision de températures qui pourraient atteindre 50 °C dans quelques décennies. Dans la capitale, la municipalité a engagé une politique de grands travaux, transformant en profondeur le paysage urbain et la vie à Paris, en passant outre les sarcasmes climatosceptiques et en surmontant certains conservatismes.

Son action a limité le périmètre de la ville-voiture, assis un modèle de mobilité douce non carbonée, végétalisé et déminéralisé l’espace public, développé le logement social, les commerces de proximité et les services publics locaux, tout en veillant à respecter l’identité architecturale et patrimoniale de la capitale. Des référendums locaux ont associé les habitants à des décisions sensibles pour la vie quotidienne.

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De nombreux chantiers devront être poursuivis pour favoriser la mixité sociale et affronter la crise du logement, afin de permettre à celles et ceux qui travaillent à Paris d’y vivre. Transformer les bureaux en logements, réguler les offres d’hébergements à fins touristiques, atteindre l’objectif de 40 % de logements sociaux, réhabiliter et intégrer la performance environnementale dans les règles de construction, créer un guichet unique en mairie pour simplifier l’accès aux services publics : autant de priorités à inscrire dans la durée.

À l’approche du scrutin, les droites néoconservatrices contestent le bien-fondé des programmes prévus.

Paysage fragmenté

L’enjeu climatique des prochaines élections municipales porte ainsi sur la poursuite ou l’inflexion d’une transition écologique qui se veut juste et solidaire, notamment à travers le plan local d’urbanisme bioclimatique. Parmi ceux qui en ont été les artisans, figure le député Emmanuel Grégoire, ancien premier adjoint de la ville de Paris. Au cours de la période récente, il a cherché à unir les militants locaux de la bifurcation écologique et du lien social, des acteurs de terrain aux forces de gauche composant la majorité municipale et au-delà.

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Les changements engagés ne sont pas irréversibles. À l’approche du scrutin, les droites néoconservatrices contestent le bien-fondé des programmes prévus. À Paris, Rachida Dati dénonce une « trajectoire budgétaire insoutenable », sans jamais remettre en cause la baisse de 350 millions d’euros de dotations de l’État à la Ville ces dernières années.

Dans ce paysage fragmenté, marqué par la division de la gauche et l’hypothèse d’une alliance des droites climatosceptiques au second tour, la question posée aux électeurs est celle de la poursuite, de l’adaptation ou de la remise en cause de la trajectoire engagée. Dans cette élection, c’est bien l’orientation écologique et sociale de la commune de Paris qui se trouve au cœur du débat démocratique.

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